Love, Ren Hang

Publié le 14/03/2019

Peacock, Ren Hang.

Courtesy Ren Hang Estate

Les photographies de Ren Hang sont à la fois subversives et poétiques, sensuelles et surréalistes. Elles sont, pour ces raisons, souvent censurées par les autorités chinoises, dérangeant l’ordre établi.

Mais pour les spectateurs que nous sommes, elles représentent un défi, le cri d’un artiste qui souhaita bousculer le carcan d’un conformisme d’État et la société dans laquelle il vivait.

Il est évident que des photographies de corps nus, présentés de façon aussi étrange, sont des mises en scène inattendues et provocantes. Elles expriment la liberté créatrice et l’indépendance que souhaitait Ren Hang.

Les corps féminins ou masculins, asexués, par le fait même d’être montrés ainsi, montrent toute l’ambiguïté du photographe et sa révolte. Provocation contre la censure dont les artistes chinois sont l’objet.

Provocation quand Ren Hang nous montre deux corps de garçons nus enlacés ou un couple dans un aquarium.

Ren Hang est né en 1987, à Changchun, dans la province de Jilin. En 2006, il partit pour Pékin dans le but d’intégrer l’université de communication de Chuanmeidaxue. Il y côtoya d’autres étudiants qui aspiraient tout comme lui à une plus grande liberté, à la différence de leurs aînés. Mais il abandonna les études universitaires après une année, et il décida de pratiquer la photographie.

Il trouva avec cet art un moyen d’échapper aux traditions. Il photographia ainsi ses amis, mais il fut vite censuré, et ses expositions furent interrompues par la visite de la police.

Sur son site internet, il partageait régulièrement des textes qui témoignaient de son combat contre la dépression.

« Si la vie est un abîme sans fond, lorsque je sauterai, la chute sans fin sera aussi une manière de voler », écrivait-il.

Ren Hang s’est donné la mort en 2017.

LPA 14 Mar. 2019, n° 143f2, p.16

Référence : LPA 14 Mar. 2019, n° 143f2, p.16

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