Mayenne : visites d’Évron et de Bourgon autour d’un restaurant !

Publié le 12/02/2020 - mis à jour le 13/02/2020 à 16H02

© Château de Bourgon

En une étape reposante et gourmande au Relais du Gué de Selle, la basilique d’Évron est un raccourci architectural et spirituel des époques romane, gothique et classique et le château de Bourgon une perle rare que les récents acquéreurs ont transformé en un réel lieu de vie et de culture.

Évron ou l’évolution de l’architecture religieuse du Moyen-Âge

Une charmante légende

C’est l’évêque du Mans, Saint Haudouin, qui parle pour la première fois de l’église d’Évron en 642, en rapportant la légende de l’épine à l’origine de la fondation du tout premier monastère.

Venant de Terre Sainte, un pèlerin rapportait du lait de la Vierge dans sa besace. Il s’endort au pied d’une aubépine et y accroche la précieuse relique. L’arbre se développe et l’homme ne peut récupérer la relique. De passage, Haudouin prie à l’aubépine de se pencher. L’évêque fait alors construire une église en l’honneur de la Vierge qui devient rapidement un centre de pèlerinage et une abbaye bénédictine.

Différentes époques de construction

Entre les invasions barbares, les soldats protestants et la révolution, l’ensemble a subi diverses modifications dans ses structures initiales. Mais on peut encore fort bien admirer et différencier la partie romane du XIe siècle de la gothique du XIIIe siècle, la tour porche romane et ses meurtrières mâchicoulis du XVIe, les soubassements de la flèche (aujourd’hui disparue) du début XVIIe.

Il émane du lieu une belle sobriété et une profonde spiritualité. La communauté Saint Martin et les Sœurs de la Charité sont installées juste derrière l’abbaye dans de somptueux bâtiments d’un classicisme irréprochable du XVIIIe, siècle d’or de la construction en France. Et chaque année, en juillet, les arcs-boutants et croisées d’ogives entendent la programmation éclectique du festival d’arts sacrés monter jusqu’à eux.

Bourgon ou le château de légendes

En plein bocage forestier mayennais, Bourgon se dresse solitaire et romantique à souhait.

Allez-y jeter un œil : entre le pont à trois arches, le portail médiéval, la chapelle Renaissance, le bâti principal bien préservé du XVe siècle, les pièces intérieures classées « Monument historique », les boiseries, les 4 stalles d’abbaye et leurs miséricordes, l’escalier monumental ; l’ensemble est superbe !

Mais la visite vaut surtout pour la convivialité de ses propriétaires (les Ducatillon ont acquis l’ensemble en 2004). Eux sauront vous faire revivre l’histoire du fantôme local et des légendes du château. Et à Isabelle Ducatillon de vous faire aussi admirer les toiles enduites imitant le cuir de Cordoue, les étonnantes boiseries du cabinet bleu de la marquise de Sablé (Molière l’a immortalisée en l’une de ses « précieuses ridicules »). En parfait état de conservation, elles remontent à 1625 !

Nombreux sont les week-ends où Bourgon, qui fut en un autre temps la propriété du ministre de Louis XIV, Louvois, accueille aujourd’hui des concerts de piano dans son cadre idyllique.

Détente au Relais du Gué de Selle

Donnant sur un très grand lac, ce relais est une ancienne ferme centenaire superbement restaurée, dont le calme est aussi séduisant que la table.

Assurément cela n’est pas ici que vous serez dérangé par le bruit, surtout si vous choisissez la cabane en bois haut perchée dans les arbres pour une nuit insolite…

Fraîchement arrivé comme les repreneurs, le chef Anthony Detemmermann propose un menu « tentation » à 3 plats pour 27,90 € (le soir, le midi on tourne à moins de 21 €).

Au programme, maki de veau et quinoa façon vitello tonato, ou tomate/ananas et burrata de bufflonne, vinaigrette d’eau de tomates et basilic en guise d’entrée ; en plat principal, poitrine de porc laquée au caramel de cumin, aubergines au barbecue, ou thon mi-cuit coulis biscayen et légumes d’été.

Pour finir, panacotta citron vert, mangue, yuzu, ou macaron citron croustillant framboise.

Le tour est joué pour un bon repas avec un Touraine Rouge le Chinon 2017 Cuvée du Domaine « Domaine Pain » à 26 € la bouteille ou un Anjou blanc sec Cépage Sauvignon de Jean Paul et Hervé Tijou à 17 €.

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Référence : LPA 12 Fév. 2020, n° 147f2, p.18

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