Memoria

Publié le 19/06/2018

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Depuis plus de quarante ans, James Nachtwey est un témoin clairvoyant et intransigeant de l’actualité du monde. Il photographie la douleur, l’injustice, la violence, la mort.

La mort due aux conflits et celle qui survient à la vieillesse, ou causée par la malnutrition ou la famine. Il photographie, comme il le dit, pour que ne soient oubliées la souffrance et la solitude qui tombent sur des humains lors des guerres ou des catastrophes naturelles.

Et ce qu’il capte, malgré tout, donnent des images qui ont une certaine beauté. Avec de bons cadrages et bien éclairées, elles sont éblouissantes.

James Nachtwey est considéré comme le photographe le plus prolifique des décennies écoulées, un observateur exceptionnel du monde contemporain.

L’exposition qui lui est actuellement consacrée à la Maison européenne de la photographie à Paris rassemble environ 200 photographies. Avec ses thématiques, elle nous renvoie aux épisodes de l’histoire que nous avons vécus de loin grâce à la presse écrite ou télévisuelle : la chute du mur de Berlin, la guerre des Balkans, la Tchétchénie, la famine au Sud Soudan, la chute de la dictature en Roumanie, le Rwanda, la guerre en Irak, l’Afrique du Sud, le coup d’état qui renversa Suharto en Indonésie, le 11 septembre, l’Afghanistan, le sida, la drogue, les catastrophes naturelles, les exodes.

Mais devant ces images nous sommes plus que troublés par ce rappel de tant d’atrocités et de violence, et nous nous demandons : comment l’Homme, l’humain, peut-il en arriver à produire tant de souffrance et de misère ? Pour des intérêts nationalistes, idéologiques ou mercantiles, l’homme peut devenir un assassin, un monstre.

LPA 19 Juin. 2018, n° 137g6, p.24

Référence : LPA 19 Juin. 2018, n° 137g6, p.24

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