Mesdames de La Vallière et de Montespan au Carré Rive Gauche

Publié le 07/06/2021 - mis à jour le 08/06/2021 à 9H35

Ce portrait de la duchesse de La Vallière, accompagné de celui de la marquise de Montespan par Jacob Ferdinand Voet, est proposé à 38 000 €.

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C’est une tradition bien parisienne à laquelle nous avons craint de ne pouvoir participer à cause des restrictions qui se sont succédées depuis un an et demi. « Les cinq jours de l’Objet Extraordinaire » du Carré Rive Gauche auront bien lieu du 9 au 13 juin 2021. Durant cinq jours, les quelque 75 galeries installées dans ce « carré » entre les rues des Saint-Père, de l’Université, du Bac et le quai Voltaire, laisseront leurs portes ouvertes et présenteront leur « objet extraordinaire ».

Pour cette nouvelle édition, la 44e, la galerie de Franck Baulme présente une paire d’huiles sur cuivre exécutées à quatre mains vers 1668-1670 par Jacob Ferdinand Voet (1639-1689), et Giovanni Stanchi, dit Giovanni Stanchi Dei Fiori (1608-vers 1675). Le premier de ces artistes est considéré comme l’un des principaux portraitistes de la noblesse dans la Rome baroque et le second comme véritable spécialiste de la peinture florale. Son intervention sur les portraits permit d’enrichir ces cuivres par l’ajout de guirlandes de fleurs.

Le premier portrait (huile sur cuivre), réalisé vers 1668-1670, serait celui de Louise de La Baume Le Blanc, duchesse de La Vallière et de Vaujours (1644-1710). Elle fut la première maîtresse officielle de Louis XIV qu’elle rencontra en 1661, avant de le quitter pour se retirer en 1674 au Carmel. « Discrète, modeste, si elle n’est pas une beauté éclatante ni un esprit brillant, Louise est une charmante jeune fille aux cheveux blonds et aux doux yeux clairs, affligée d’un boitillement qui ne l’empêche ni de danser avec grâce ni d’être une cavalière émérite », dit Louis Bertrand, dans son ouvrage La Vie amoureuse de Louis XIV. Le second portrait (huile sur cuivre) serait celui de Françoise-Athénaïs de Rochechouart Mortemart, marquise de Montespan (1640-1707). Elle devint la maîtresse du roi en 1666, en même temps que Louise de La Vallière.

Ces deux portraits portent au revers des plaques de cuivre, l’inscription « Colonna » et l’une et l’autre, « de La Vallière » et « de Montespan ». L’inventaire de la collection de Filippo II Colonna prince de Paliano (1663-1714), rédigé après son décès entre 1714 et 1716, fait mention de deux portraits de Voet entourés de guirlandes fleuries de Stanchi de petite taille et sur cuivre. Ces portraits, considérés perdus, ont été identifiés par Francesco Petrucci, spécialiste de Voet et du portrait romain du XVIIe siècle. Comme un clin d’œil à l’histoire, Filippo était la fille de Maria Mancini (1639-1715), nièce du cardinal Mazarin et le premier amour de Louis XIV. Ils durent se séparer à cause de la raison d’État. Au moment de quitter le roi, la jeune femme lui dit : « Vous pleurez sire, vous êtes le maître, et moi je pars ». Une phrase qui aurait inspiré Racine pour écrire sa pièce Bérénice, jouée pour la première fois en 1670.

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