Pablo Picasso et Françoise Gilot, la Méditerranée réenchantée

Publié le 10/07/2018

DR

Pablo Picasso et La Méditerranée c’est une vieille et grande histoire. Dès 1919 puis en 1930 il multiplie les séjours sur la Côte d’Azur qui adore s’en souvenir.

Dora Maar le photographie, il pose, se prête aux facéties et aux mises en scène, torse nu, avec une tête de minotaure au bord de la plage…

Après la guerre, c’est Vallauris. C’est surtout Françoise Gilot, sa nouvelle compagne et muse. « Ils ont la Méditerranée en partage qui présida à leur couple et reste liée à cette histoire » : ainsi Annie Maïllis décrit-elle le duo solaire à bien des égards.

L’auteure nous offre un magnifique livre sur les deux artistes, Françoise Gilot le fut aussi, remarquablement écrit et documenté, richement illustré (reproductions des œuvres, photos du couple et de chacun, de leurs amis et cercles, extraits de lettres, pages d’écritures…).

C’est aussi au passage un éloge de la Méditerranée inspirante. Annie Maïllis qui a déjà écrit un Picasso sous le soleil de Françoise a bien connu Françoise Gilot. Photos de famille, La Garoupe, La Galloise, Juan-les-Pins évoquent les bonheurs du couple. Françoise a peint Pablo qui l’a peinte à son tour.

Le livre permet de s’assurer du talent de Françoise comme dans Feuille au bord de la mer ou parmi d’autres Claude ou Liberté.

Les années Méditerranée et les années Gilot c’est aussi le retour à la céramique pour Picasso, à la terre cuite.

Y a-t-il un art méditerranéen de Picasso ? Telle est l’une des questions que l’on peut se poser. Le livre ouvre des pistes autour des « variations méditerranéennes » de l’artiste.

La nature est aussi célébrée : si Dali jurait par le homard, Picasso a célébré souvent l’oursin. Pour en savoir plus sur le bestiaire de Picasso, lisez ce livre.

Incontournable, le thème du toro et des courses est l’autre grand volet exploré par Annie Maïllis qui a déjà consacré plusieurs livres au sujet et fut la commissaire d’une exposition sur Michel Leiris, lui-même grand spécialiste. On sait la passion de Picasso pour la corrida.

Le livre explore la veine tauromachique dans l’art de Pablo. Au fait quel rapport entre l’art taurin et Pablo et Françoise ? Laissons parler l’auteur : « Elle était la cavalière il était le toro, définitivement ».

On n’en dit pas plus. Bonne lecture au bord de la Méditerranée, les vacances approchent, ça tombe bien.

LPA 10 Juil. 2018, n° 137m6, p.14

Référence : LPA 10 Juil. 2018, n° 137m6, p.14

Plan
X