Paris en panorama

Publié le 08/12/2023

Ce dessin préparatoire au panorama de la vue de Paris depuis le pavillon de Flore, par Pierre Prévost (1764-1823) était proposé à 300 000/400 000 €

Galerie Perrin

Les Parisiens, du moins ceux qui se promènent sur les Grands boulevards, passent devant ou traversent le passage des Panoramas. Quelques-uns ne se doutent pas qu’à cet endroit, à la fin du XVIIIe siècle, était installée une salle de spectacle particulière, celle des panoramas. Sous le Consulat, les Parisiens ébahis accoururent à la représentation de paysages peints par Pierre Prévost (1764-1823), qu’ils n’auraient jamais pu voir autrement. Tout est parti de la vision du peintre irlandais, Robert Baker (né en 1739), qui, en 1787, composa la vue complète d’Édimbourg depuis l’une de ses collines. Il avait, sans le savoir, inventé le panorama en peinture. Le mot lui-même vient d’un tableau circulaire pour lequel Robert Fulton déposa le 26 février 1799 un brevet de perfectionnement. Ce néologisme récupéré par le langage courant désigne désormais « une construction circulaire où les spectateurs découvrent un succédané de réalité à 360 degrés ».

Le passage des Panoramas occupe aujourd’hui l’espace de l’hôtel Montmorency-Luxembourg construit en 1704, acquis par l’armateur américain, William Thayer. Celui-ci découvrit en Angleterre, Fulton, alors peintre de miniatures et « inventeur » des panoramas. Flairant la bonne affaire, il acquit auprès de Fulton un brevet d’importation et fit en 1799, construire au bout du jardin de son hôtel deux imposantes rotondes, avec entre les deux un passage couvert bordé de boutiques, reliant la rue Saint-Marceau au boulevard Montmartre. À l’époque, le boulevard n’était encore qu’un chemin de terre planté d’arbres. Il engagea Pierre Prévost, déjà connu comme peintre naturaliste, pour exécuter des toiles panoramas. Il en exécuta avec talent plus d’une quinzaine, ce qui le rendit célèbre. Il s’agissait d’une suite de très grandes toiles peintes pouvant atteindre plusieurs mètres de haut et jusqu’à trente mètres de long. Elles étaient disposées dans une rotonde de telle manière que les spectateurs soient immergés dans le paysage représenté. Rares sont les pièces parvenues jusqu’à nous.

La galerie Perrin proposait pour 300 000/400 000 € lors de la Fine Art Biennale (FAB) un dessin préparatoire au panorama de Paris vu depuis le pavillon de Flore, peint à l’aquarelle, gouache et crayon sur feuilles de papier marouflées sur toile. Celui-là était destiné à Vienne. Prévost se trouvait dans la capitale de l’empire Austro-Hongrois en 1809 afin de préparer les premiers relevés d’un projet de panorama de la cité autrichienne qu’il souhaitait exposer à Paris. C’est alors qu’une certaine Mme Barton lui commanda un panorama de Paris pour Vienne. Depuis le palais de l’Institut, jusqu’au palais de Salm, siège de la Grande chandellerie de la Légion d’honneur, et au-delà des dômes et des clochers, des hôtels particuliers du quai Voltaire, des tours de Notre-Dame, sans oublier les promeneurs sur le quai du Louvre. Avec cette vue, le spectateur d’aujourd’hui voyage d’une manière saisissante dans le passé.

Galerie Perrin, place Beauvau, 98 rue du Faubourg Saint-Honoré, 75008 Paris

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