Paris (75)

Pathé-Baby chez soi

Publié le 07/10/2022 - mis à jour le 07/10/2022 à 11H21

Plusieurs projecteurs Pathé-Baby ont été proposés à la vente et adjugés entre 60 et 300 €

Fondation Jérôme Seydoux-Pathé

Au bout du couloir, une lumière saccadée apparaît par la porte entrouverte d’une chambre. S’agit-il d’une ampoule défectueuse prête à griller ? Nous poussons cette porte et – surprise ! – des images s’agitent sur l’un des murs. Le cinéma à la maison ! Il existait bien les lanternes magiques ; mais les images qu’elles projetaient, étaient fixes. Avec le Pathé-Baby, les images s’animaient. Ce fut Charles Pathé (1863-1957) qui eut l’idée de de commercialiser, moins de trente ans après la naissance du cinéma, un projecteur « élégant et simplissime employant une pellicule inédite, le 9,5 mm, à perforation centrale  », disaient les réclames et… inflammables, ajoutons-nous. Nous étions en Noël 1922, cela fait donc tout juste un siècle que le cinéma s’était invité dans les salons ou les chambres des particuliers. Ce n’est pas tout, l’homme au coq dont il avait fait sa marque, mit à la vente ou à la location des films, proposant des versions raccourcies de ce qui était proposé dans les salles. Aventures, actualités, drames, documentaires, comiques, dessins animés… bref, tous les programmes d’une salle de cinéma, mais avec le plaisir d’inviter sans cesse chez soi les plus belles vedettes.

En ce Noël 1922, plusieurs milliers de projecteurs Pathé-Baby furent mis sur le marché, accompagnés d’un catalogue de 192 titres extraits de la cinémathèque Pathé. Chaque fil se présentait dans une cartouche métallique (ou carter), ne mesurant que 8,5 mètres de long. L’une de ces bobines sauvées du temps, consacrées aux JO de Chamonix en 1924 (diam : 5 cm), a été adjugée 101 €, par la maison parisienne Vermot & Associé. Si les films étaient courts et les histoires longues, il suffisait de démultiplier les bobines. Ainsi, le film Michel Strogoff de Victor Tourjansjki (1926) se déroulait en 19 bobines. Une série de celles-ci, avec un projecteur daté des années 1930, a été adjugé 383 €, à Drouot, le 4 octobre 2018 par la maison Boisgirard-Antonini.

Le projecteur lui-même avait été conçu dans les ateliers de Pierre-Victor Continsouza  (1872-1944) qui, notamment, dès 1896, avait déposé plusieurs brevets sur le mécanisme d’entraînement de film dit « croix de Malte ». Charles Pathé souhaitait que ce projecteur soit familial, économique et facile à utiliser. Une des grandes particularités du Pathé-Baby était le dispositif d’arrêt sur image, qui arrêtait l’avancement du film 9,5 mm pour la lecture d’un carton explicatif ou d’un carton de dialogue. Un projecteur dans sa valise a été vendu 63 € par la maison De Baecque & Associés, le 15 octobre 2020 ; un autre, dans son carton d’origine, 220 € à Lyon, le 18 novembre 2020 par Bremens – Belleville.

Afin de célébrer cet anniversaire, la fondation Jérôme Seydoux-Pathé présente une exposition « retraçant cette histoire à travers les projecteurs et les caméras dédiés à ce nouveau format, ainsi que tous les accessoires permettant au cinéaste en herbe de s’équiper comme un professionnel ».

• Fondation Jérôme Seydoux-Pathé, 73 avenue des Gobelins, 75013 Paris

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