Patrice Palacio, une approche picturale singulière

Publié le 16/06/2020 - mis à jour le 17/06/2020 à 10H05

Musée Paul Valéry

Peindre en noir et blanc pour uniques « couleurs » depuis dix ans, telle est la démarche personnelle de cet artiste qui a décidé de rechercher avant tout l’essentiel, la structure d’un paysage urbain ou de nature vibrant sous la lumière.

Figuratif, abstrait ? L’œuvre de Patrice Palacio se situe entre ces deux démarches et son œuvre séduit par sa vérité, son originalité. À Sète, le musée Paul Valéry présente quelques-unes de ses compositions, notamment des séries, dans l’exposition consacrée à ce peintre : « Point-Plan-Trait », qui résume sa démarche, « un pont entre la peinture, la photo et les écrans ». Ainsi explique-t-il sa démarche plastique imprévue. Une création novatrice qui parle de la vie, de la nature à décrypter. Patrice Palacio joue avec le vide, la lumière, dans sa représentation de paysages, qu’ils soient urbains ou qu’ils traduisent la nature. Il tente de faire percevoir le réel à travers ses compositions structurées dans lesquelles la géométrie est souvent présente, comme dans ses vues de New York, dont il dresse un vaste panorama. La ville et ses buildings, où l’architecture anime l’espace, les ponts entre noir et blanc, lumières et ombres, paraît un peu comme une agglomération fantôme, mais très présente, vivante.

Comment exprimer la réalité d’un paysage, une interrogation permanente entre évoquer les détails et l’ensemble ? Le peintre fragmente volontiers les éléments qui, parfois, font songer à un puzzle. On est ici devant une nouvelle approche de la peinture, un travail par plans dégradés, fragmentés dans l’espace, avec des surfaces sombres éclairées par des blancs pour des paysages que reconstitue le regard. Dans la représentation de marines d’un grand dépouillement, ciel, mer sont peints dans la lumière ou dans l’obscurité nocturne, sans effets, naturels. Patrice Palacio confère une forte présence à ces vues où, parfois, l’eau se confond avec l’infini.

Chacune de ces compositions est issue de la réflexion de l’artiste, d’une méditation, celle qui habite chacun d’entre nous, des interrogations sur la vie et la mort, l’amour, le mystère de l’espace et du temps peints en un dialogue du noir et du blanc animés de lumière. Cette nouvelle approche de la peinture, expression du ressenti, de la réalité est née des recherches de Patrice Palacio, de sa volonté d’explorer une autre voie immédiatement contemporaine sans renier la création de ses aînés. Cet art se veut le reflet de la société, de la vie et pour cet artiste, le noir et le blanc que fait chanter la lumière sont un vecteur idéal. Il crée également à partir de photographies sans les copier, mais selon son désir plastique, dans un désir de « rompre avec la fixité de l’image ».

Une création authentique, évocatrice à ses heures du temps suspendu.

À lire également

Référence : LPA 16 Juin. 2020, n° 154s2, p.20

Plan