Photos intimes et reportage

Publié le 11/02/2020

Autoportrait, par Hervé Guibert.

Christine Guibert – Courtesy Les Douches la Galerie, Paris

De l’intime

Les Douches la Galerie présente « De l’intime », une exposition dédiée à l’œuvre d’Hervé Guibert.

La photographie, Hervé Guibert l’aborda tout d’abord comme chroniqueur au journal Le Monde, grâce à Yvonne Baby qui dirigeait le service culturel du journal. Puis, avec un Rollei 35 que lui offrit son père, il devint photographe. Pour Le Monde, il a écrit sur des photographes tels qu’André Kertesz, Duane Michals, Jacques-Henri Lartigue, Gilles Ehrmann ou Édouard Boubat. Ses articles rendent compte de leurs travaux, avec des mots qui le caractérisent, reflétant son regard qui a su discerner des images ce qui doit être dit.

En 1980, la galerie Agathe Gaillard a montré, sur ses cimaises, les photographies de ses grands-tantes, Suzanne et Louise, qui seront insérées dans un roman-photo, publié aux Éditions Libres-Hallier. Puis, à l’automne 1984, un autre ouvrage fut publié, Le Seul visage, aux Éditions de Minuit. Ce livre est une suite d’aventures intérieures, une sorte de journal, relatant des moments particuliers, ses amis et l’écriture qui formaient pour lui un lien relationnel spécifique.

Les photographies d’Hervé Guibert sont comme des empreintes, et contrairement à ses livres, il y est très pudique. Les portraits de ses proches, Thierry, Christine, Michel, Mathieu, Agathe ou Eugène, montrent une intimité où l’amitié les relie au photographe. Quelques photographies, comme Kafka, Écriture ou Table de travail nous indiquent son rapport à l’écriture et aux livres, et il y a aussi des souvenirs de l’enfance comme Ombre chinoise ou Agneaudou et Belours. Les photographies présentées en ce moment expriment sa jeunesse, et comme le souligne Agathe Gaillard : « Une jeunesse libre, intrépide, qui n’avait pas peur d’être ce qu’elle était ». Quant à ses autoportraits, ils sont sobres, sans aucun caractère narcissique. Ce qui intéressait Hervé Guibert, c’était de saisir les objets qui l’entouraient au quotidien : les billes, les tableaux, les livres, les stylos, les pages d’écriture ou une machine à écrire…

Les photographies d’Hervé Guibert sont des pages visuelles, sa vie, rien de plus. Et c’est là qu’elles sont surprenantes, parce qu’elles ne cherchent pas à nous dire autre chose…

Gold

La Polka Galerie accueille le travail du photographe Sebastiao Salgado.

À la fin de ses études en économie, Sebastiao Salgado intègre l’Organisation internationale du café. Dans le cadre de ses missions, il voyage dans divers pays et commence une activité de photographe. Il quitte ce travail en 1973, pour parcourir le monde dans le but de photographier les endroits les plus beaux de notre planète. Puis il fonde, avec sa femme, l’agence de presse Amazonas Images.

Salgado s’intéresse à plusieurs thématiques, notamment la multiplication des migrations humaines, causée par les événements politiques de notre époque. Ses reportages sont saisissants, comme Les enfants de l’exode, livre paru en 2000. Les photographies de son reportage « Gold », une ruée sauvage vers l’or du Brésil, que nous propose en ce moment la Polka Galerie, sont des images grouillant d’humains à la recherche du métal qui pourrait les sortir de la misère. Des images effroyables…

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Référence : LPA 11 Fév. 2020, n° 151k3, p.20

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