René Gruau chez Alexis Pentcheff

Publié le 02/01/2017

Une des oeuvres de René Gruau.

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La galerie Alexis Pentcheff, déjà bien connue, vient de frapper un grand coup ! La dernière grande exposition consacrée à René Gruau, né Renato Zavagli-Ricciardelli delle Caminate (1909-2004), datait de 2010 au Somerset House Museum, suivie de celle de la Galerie Nyssen à Cannes.

C’est désormais à Marseille que cent cinquante illustrations, dessins, aquarelles et encres de Chine, gouaches sur papier, collages, calques sont offerts aux regards et à la vente depuis le 3 décembre au sein d’une exposition qui durera jusqu’au 4 février 2017. Pour l’occasion, Giulia Pentcheff a composé un livret hommage à celui qui incarne « l’élégance de la ligne ».

Qui ne connaît Gruau, sa fameuse signature, le G surmonté d’une étoile, ses femmes, pour l’essentiel, immédiatement reconnaissables, comme celles de Kiraz dans un autre genre.

Gruau, c’est en effet un style et quelques traits, deux ou trois parfois suffisent (Victoire I) avec deux couleurs emblématiques, le rouge et le noir (Rouge baiser, travaux pour le Lido, la Scala ou Le Moulin Rouge). Ainsi dessine t-il de magnifiques silhouettes et visages en suspension et légèreté comme des rêves qui passent et nous happent.

On peut voir ici les magnifiques Subtil parfum (1986), la femme Diorella (1972), le Walking in the rain et le Presque nue… Quant à la Belle brune sur fond vert, un travail préparatoire pour Dior (1984), elle est tout simplement craquante. Giulia Pentcheff a eu bien raison de la choisir pour illustrer la première de couverture du livret de l’exposition. Qui en sera l’heureux acquéreur ?

L’homme n’est pas oublié par Gruau qui le met en scène avec élégance et distinction (pastel, encre, gouache et collage sur papier ou encre de Chine pour la maison Dormeuil, La promenade, l’Italian Style).

L’exposition-vente, si elle propose de belles pièces sur les années 1970 et 1980 (voir les projets de couverture pour la revue Textiles ou ses projets publicitaires pour Dormeuil ou la maison Bemberg), est d’abord riche des années 1950 à 1970, époque inaugurée par les premières collaborations de Gruau avec les mondes de la mode et de la publicité.

La galerie Pentcheff propose de nombreux dessins et peintures de la période où Gruau dessinait pour les maisons Dior, les plus chères à la vente, mais aussi Balmain, Balenciaga, Lanvin. Les amateurs apprécieront d’y trouver même une encre de Chine revêtue de la signature de l’artiste avant qu’il ne crée son fameux calligramme. Une pépite.

Alexis et Giulia Pentcheff ont eu bien de la chance, et nous en profitons, de dénicher ces dessins, aquarelles, gouaches ou encres qui sur les cimaises sont autant d’invitations à des instants d’élégance et d’insouciance. C’est tellement rare.

 

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Référence : LPA 02 Jan. 2017, n° 122p3, p.14

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