Rosa Bonheur à califourchon

Publié le 14/03/2022

De Rosa Bonheur, Cheval à la robe bai dans un paysage est estimé 6 000/8 000 €.

Osenat

Vêtue d’une blouse bleue, Rosa Bonheur fixe les spectateurs. Ce portrait, réalisé par Georges Achille-Fould en 1893, consacre la gloire et la renommée de celle qui sera la première femme artiste nommée chevalier de la Légion d’honneur et aussi la première femme promue au grade d’officier de la même Légion d’honneur en 1894. Elle possédait une indépendance de caractère peu commune. Grâce à sa célébrité, elle ouvrit la voie à l’émancipation des femmes. Transgressant les interdits moraux de son époque, elle eut l’habileté de mener une vie à contre-courant des conventions sans jamais faire scandale. « Proche du réalisme des peintres animaliers et de l’observation directe, sa croyance dans l’âme animalière se traduit dans toutes ses toiles par une extrême attention portée au regard des bêtes », dit sa biographe Anna Klumpke.

Le Marché aux chevaux, aujourd’hui conservé au Met à New York, présenté au Salon de 1853, la fit immédiatement remarquer. Devant sa notoriété au cheval, elle ne l’abandonna jamais. La maison Osenat proposera, le 20 mars prochain à Fontainebleau, deux tableaux du genre. Le premier, Cheval à la robe bai dans un paysage, est estimé 6 000/8 000 €. Il porte au dos le cachet à la cire de la vente en 1900 de l’atelier Rosa Bonheur, par le galeriste et collectionneur Georges Petit. Ici, l’étalon est vu de profil, tourné vers la droite, parfaitement d’aplomb, la robe brillante à souhait. Le second portrait figure un Cheval à la robe bai brun, et est estimé 3 000/5 000 €. Le tableau est de même provenance que le précédent. La monture est vue de trois quarts arrière. On y remarque la puissance des muscles. La queue est longue et non peignée.

Si Rosa Bonheur éprouvait un intérêt certain pour les chevaux, elle l’a partagé avec bon nombre d’animaux, dont les bovins et les ovins qu’elle a également sculptés. Il est temps de redécouvrir cette peintre animalière, dont le succès était sans égal parmi ses contemporains. À l’occasion du bicentenaire de sa naissance à Bordeaux, le musée des Beaux-Arts de sa ville natale et le musée d’Orsay (du 18 octobre 2022 au 15 janvier 2023), organisent une rétrospective de son œuvre. Le château musée Rosa Bonheur à Thomery (Seine-et-Marne), où elle vécut près d’un demi-siècle, ainsi que le musée départemental des peintres de Barbizon sont les partenaires de cette exposition qui présentera 200 œuvres (peintures, arts graphiques, sculptures, photographies) issues des collections publiques et privées d’Europe et des États-Unis.

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