Sollers, entre les lignes

Publié le 20/06/2024

Le Passeur

1996. Un face-à-face Philippe Sollers-Pascal Louvrier. Sollers se livre et se raconte. Il aime ça. Il parle de Venise, de la littérature, des femmes – et des hommes donc –, de Bordeaux, sa ville natale, du Nouveau roman, de Tel Quel, la revue dont l’histoire est agitée, d’Althusser. On l’imagine sérieux, ironique, cabotin, gourmand des bons mots et des idées iconoclastes. Sollers quoi. 2023 : il est parti voir ailleurs, manière de vérifier si Dieu existe ? Depuis 1996, il s’en est passé des choses, Sollers a beaucoup écrit. Louvrier a eu l’excellente idée de revoir son texte et le compléter ; une certaine Dominique y fait son entrée. Ça donne ce Sollers entre les lignes, édité par Le Passeur.

Portrait d’un joueur. Parcourir la vie de Sollers et son œuvre, qui sont un tout, c’est se balader dans un parc de passions fixes, chercher avec lui le cœur absolu avec une boussole, chercher les lois et les nombres, croire au paradis, faire l’éloge de l’infini. C’est entrer dans son jeu et dans son style. Louvrier s’amuse à son tour et, bel hommage, joue sous sa plume la partition sollersienne faite de ponctuations, ah les points de suspension ! Louvrier interpelle le lecteur, instaure un dialogue. Le livre est alerte, épatant.

Entre les lignes. L’annonce est un vrai défi : Sollers a beaucoup écrit. Il a souvent fait des pavés de plus de 1 000 pages. Et quoi ? il y aurait en plus matière à lire entre les lignes ? Évidemment…

Que vous soyez déjà sollersien, ou peut-être prêt à le devenir, ce livre est fait pour vous. Et pour tous ceux qui ne le connaîtraient pas encore.

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