The Velvet Underground, l’exposition

Publié le 09/08/2016

Courtesy Division of Rare and Manuscript Collections, Cornell University Library

C’est à la Philharmonie de Paris et ça ne dure que quelques jours encore. Ne la ratez surtout pas !

Alors qu’à Beaubourg la Beat Generation est à l’honneur, on retrouve une partie des mêmes en toile de fond de l’exposition consacrée au Velvet Underground. Rien d’étonnant. Les Allen Ginsberg, La Monte Young, les musiciens underground, les cinéastes expérimentaux sont, dans les années 1960, à New York. Ils y façonnent, à travers le pop art notamment, le paysage et les mouvements artistiques aux États-Unis. Avant d’être le Velvet, John Cale et Lou Reed, qui viennent d’horizons très différents, se retrouvent dans le « New York spirit ». Dans les années 1963-1965, bien plus sulfureuses qu’aujourd’hui, la caméra filme Allen Ginsberg en train de faire l’éloge de la mescaline et autres substances (un extrait est ici diffusé), Marjorie Strider expose Girl with radish et Carolee Schneemann performe avec Meat Joy. C’est sur cet univers déjanté et libéré que s’ouvre l’exposition New York Extravaganza. New York est donc au cœur du parcours, tant elle a inspiré le groupe et particulièrement Lou Reed qui, par exemple, compose et situe à l’angle exactement de la 125e rue et de Lexington Avenue, I’m Waiting for the Man.

L’exposition se centre ensuite sur le Velvet Underground, lié à l’aventure de la Factory d’Andy Warhol, et ses albums dont la plupart sont devenus mythiques, ses concerts. On y retrouve les affiches, les photos de la performance Venus in furs (la version donnée par Emmanuelle Seigner en 2014 dans Distant Lover est remarquable, tout comme l’album). Le Velvet, au fait, c’est qui ? John Cale, Lou Reed, et Nico, qui les rejoint bientôt. Mais se souvient-on des deux autres ? L’oubli est réparé par l’exposition qui consacre ses panneaux à la batteuse Maureen (Moe) Tucker et au guitariste Sterling Morrison. Nous n’avons en revanche vu aucune allusion à Ian Paice, le batteur de Deep Purple venu jouer sur l’album Squeeze. Mais était-ce encore le Velvet ?

En fin d’exposition, la question de l’héritage et de l’influence se pose ; quelle trace et quelle marque a laissé le Velvet sur la scène musicale. De David Bowie aux punks, qu’en est-il ?

Intelligente, vivante, richement illustrée bien que peut-être trop hagiographique (on aurait aimé par exemple lire les critiques de presse de l’époque, pas toujours tendres), évoquant les liens étroits entre John Cale et Lou Reed mais ne cachant pas ceux bien plus distendus, c’est un euphémisme, entre Lou Reed et Nico, cette exposition est franchement réussie.

Deux conseils pour finir. Le premier : ne pas oublier de vous munir du casque audio sans lequel vous allez passer à côté de la moitié de l’exposition. Le second : prévoyez d’y rester plusieurs heures. Il faut bien cela pour tout voir et tout écouter. Et pour prendre le temps de s’allonger sous la voûte du Velvet Underground où une expérience musicale et visuelle vous fera voyager dans leur musique et aussi dans le temps, ce temps d’un autre temps, presque d’un autre monde. 

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Référence : LPA 09 Août. 2016, n° 119y4, p.22

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