Troyes : le musée de l’Outil et de la pensée ouvrière

Publié le 18/04/2024
Troyes : le musée de l’Outil et de la pensée ouvrière
Maison de l’Outil, Public domain, via Wikimedia Commons

Le musée de l’Outil et de la pensée ouvrière (Mopo), situé dans un hôtel particulier du XVIe siècle, est une perle parmi les nombreux musées de la ville de Troyes. Un superbe hommage au travail de l’homme et à sa main.

En se baladant dans les vieilles ruelles de Troyes où les maisons à pans de bois sont légion ; on peut si l’on est chanceux tomber par hasard sur une superbe bâtisse. Après enquête, elle s’avère être un fort bel hôtel particulier, édifié en 1556 par Jean Mauroy, prévôt de la monnaie. Classé monument historique en 1862, le bâtiment est mis à la disposition des Compagnons du Devoir qui ont hérité de la collection d’un père jésuite, le père Paul Feller. Et le Mopo d’ouvrir ses portes en 1974 après une belle restauration des pans de bois, des murs en briquettes et des charpentes intérieures.

C’est le Père Feller qu’il fut tout d’abord loué, car ce jésuite a consacré sa vie à réunir cette collection d’outils, en demandant à divers chiffonniers et récupérateurs leurs pièces. Son but : protéger et transmettre aux futures générations la conscience du travail bien fait et la créativité infinie de l’Homme, en particulier de leurs ancêtres.

Une présentation magnifique et moderne des outils

On ne peut être qu’émerveillé devant la scénographie proposée par ce musée. En aucun cas il ne s’agit (comme cela peut être souvent le cas !) de vitrines sales et vieillottes. Ici, la présentation force l’admiration : 65 vitrines, 12 000 outils de façonnage authentiques remontant au XVIIe et allant jusqu’au XIXe siècle.

Les marteaux se dévoilent aux côtés des haches ; les équerres suivent les burins ; les truelles prolongent les tenailles ; les aiguilles succèdent aux tarauds.

On admire la main de l’Homme qui a façonné tous ces outils, leur diversité et leur bon état de conservation ; alors même que chaque outil présenté a servi, autrefois.

Ces outils témoignent d’une vie entière de labeur d’hommes et de femmes, et de leur ingéniosité et créativité à façonner un ustensile idéal dans un but d’atteindre la perfection artisanale.

La plupart des outils sont suspendus en l’air et l’ambiance propre à chaque métier, une soixantaine environ, est bien retranscrite. Là, le boucher, là, le bûcheron, là, le savetier, là, le maréchal-ferrant, là, le tonnelier et là encore le vannier.

Le musée de l’Outil et de la pensée ouvrière n’oublie pas les enfants

Il est à noter que ce musée n’est nullement rébarbatif pour des enfants, bien au contraire : sa finalité étant peut-être d’inciter la jeune classe aux métiers d’autrefois ! Les différentes vitrines éveilleront petits et adolescents à des travaux dont ils ont pu entendre parler sans réellement comprendre leurs fonctionnements. Plusieurs livrets adaptés à différents âges les guideront à travers les salles et leur permettront à travers questions et jeux d’évoluer et de comprendre les professions d’antan ou d’aujourd’hui.

À une époque où l’artisanat semble retrouver un regain d’intérêt auprès d’une certaine et nouvelle génération (en tout cas on ne peut que l’espérer), ce musée qui a une réelle âme est un vibrant hymne à la gloire de la main de l’Homme. Et son fondateur Paul Feller par sa foi dans le travail humain et sa ténacité à rassembler cette collection nous ramène à l’essentiel : le travail.

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