Un bijou Bugatti

Publié le 23/01/2023 - mis à jour le 23/01/2023 à 12H29

Cette Bugatti 57 Atalante de 1936, mise en vente à Rétromobile, est estimée entre 2 000 000 et 3 000 000 €

Artcurial/Peter Singhof

Quel plaisir de voir une automobile telle qu’on la concevait, il y a près de 90 ans… Ses formes pleines de courbes et au galbe parfait, sont tracées ; elles ne heurtent pas l’œil, comme ces véhicules dessinés sur le même modèle que les constructeurs nous proposent aujourd’hui. L’assemblage des couleurs noir et ivoire fait songer à un tableau qu’un peintre soucieux d’harmonie a laissé sur sa carrosserie. Bref, il est malaisé de ne pas admirer ce coupé Bugatti 57 C Atalante de 1936, qu’Artcurial va présenter à la vente lors du salon Rétromobile, le 3 février 2023, avec une estimation comprise entre 2 000 000 € et 3 000 000 €. Mieux qu’un bijou !

Cet exemplaire, tiré des 33 produits dans sa série, est l’un des quatre équipés à l’usine d’un toit ouvrant d’origine, ce qui était rare à l’époque. La voiture fut livrée neuve en France à un joaillier marseillais. Celui-là n’attendit pas pour participer, dès 1938, aux courses les plus célèbres de l’époque telles que le Rallye Monte-Carlo, le Liège-Rome-Liège ou encore le Rallye des Alpes. Après la Seconde Guerre mondiale, elle fut acquise par un architecte, important collectionneur belge de Bugatti, M. de Lay. Résidant au Congo au début des années 1960, il utilisa alors régulièrement son Atalante. En 1963, lorsque la guerre civile éclata, M. de Lay n’abandonna pas sa précieuse voiture ; il prit le volant et s’enfuit du pays. Ce fut sans doute le rallye le plus impressionnant auquel participa cette Bugatti Atalante. La voiture a été entièrement restaurée dans le respect de sa configuration d’origine à la fin des années 1990.

Si nous admirons aujourd’hui la beauté de ce modèle dessiné par Jean Bugatti, ce ne fut pas toujours le cas à l’époque, surtout au moment de la production des premières 57. Quelques personnalités du monde de l’automobile de l’époque se montrèrent sarcastiques à ses égards, en les traitant de « Buick de Molsheim ». Mais la 57 n’était pas américaine, et Ettore Bugatti sortit des versions puissantes comme la 57 C (à compresseur), la 57 S avec un châssis plus bas et un taux de compression plus élevé, et la 57 SC qui fut peut-être la plus belle Grand Sport de tous les temps, dotée d’un châssis bas et d’un compresseur.

« Dans l’histoire de Bugatti, la 57 Atalante est un véritable mythe et cet exemplaire fait partie des rares avec un historique suivi, et possédant encore son châssis ainsi que sa carrosserie d’origine », explique Antoine Mahé de chez Artcurial Motorcars. D’autant plus que la production de la 57 fut définitivement arrêtée en 1940. Les Allemands endommagèrent l’usine Bugatti, puis les Canadiens et les Américains ne furent pas en reste dans les destructions. Malgré tout, au total, 685 du modèle 57, toutes versions et toutes carrosseries confondues, ont été vendues entre 1934 et 1939.

Salon Rétromobile, Paris Expo – Porte de Versailles, 75015 Paris, du 1er au 5 février 2023

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