Un bottin mondain du XVIIIe siècle

Publié le 11/02/2022

Ce portrait de Marie Leszczynska en vestale, attribué à Jean Girardet (1709 -1778), est estimé 3/ 4 000 €.

Artcurial

Cela pourrait ressembler à un annuaire, un annuaire mondain réunissant le meilleur monde, celui du XVIIIe siècle exclusivement. La famille royale, celle de Louis XV, avec « Mesdames » (ses filles, ses maîtresses, plus exactement la dernière connue), ses petits-fils, ses cousins, sa parentèle et encore les ducs et les généraux, les ecclésiastiques et aussi les artistes, les peintres essentiellement qui ont exécuté leur autoportrait sont tous réunis dans une collection intitulée : Cent portraits pour un siècle. Celle-ci sera mise en vente à l’hôtel Dassault, le 15 février prochain par Artcurial. Cette « documentation irremplaçable », selon le mot de ce dernier, « témoigne de la splendeur du XVIIIe siècle français ». Plus qu’une galerie de personnages illustres, cette collection présente un panorama de la société française à la veille de la Révolution. Une maîtresse royale sulfureuse, la comtesse du Barry, par François-Hubert Drouais (1727-1775), figure à 25 000 € ; par Antoine Vestier (1740-1824), un militaire victorieux est affiché 6 000 € ; le maréchal de Randan par Josef Wyrsch (1732-1798), est à 10 000 € ; Antoine de Clermont-Tonnerre, par Louis Herent (1749-1830), est fixé à 4 000 €.

Dans cette impressionnante galerie, figure un portrait de Marie Leszczynska en vestale, attribué à Jean Girardet (1709-1778), estimé 3/4 000 €. Il s’agit d’une esquisse d’un autre portrait de celle qui deviendra reine de France par son mariage avec Louis XV en 1725. La fille du roi Stanislas de Pologne, devenu duc de Lorraine (1677-1766), apparaît drapée de blanc et entretenant le feu sacré, sa couronne posée sur un coussin de velours bleu. On connaît deux reprises de cette figure mais en bustes. L’une de faible qualité est, selon les experts, attribuée à Stanislas Leszczynski lui-même, et conservée au musée lorrain de Nancy. Le second est un pastel conservé à Stupinigi, près de Turin. On cite encore un autre portrait de Marie Leszczynska en vestale, dont le descriptif correspond à la composition mise en vente. Cela évoqué, ce portrait de cette collection pourrait être rattachée au milieu lorrain et rendue ainsi à Jean Girardet. Ce dernier, nommé « peintre ordinaire » de Stanislas Leszczynski après son installation en Lorraine, exécuta en effet les portraits de Louis XV et de Marie Leszczynska en 1753 pour le salon de la Nouvelle Intendance à Nancy (aujourd’hui perdus) !

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