Un couple égyptien, main dans la main

Publié le 13/05/2022 - mis à jour le 13/05/2022 à 11H03

Il n’existe que quelques exemples de statues antiques de couple égyptien se tenant la main.

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En Égypte antique, une « dyade » représente un couple en interaction. Cette harmonie est non seulement rendue par leur position, mais aussi par leur aspect quasiment identique. La galerie Chenel présente une sculpture de granodiorite, figurant un couple adossé à une dalle se tenant par la main. « Tous deux adoptent les canons de l’art égyptien : la femme, sur la gauche, est légèrement plus petite que son compagnon, et ils se présentent dans une stricte frontalité, la tête droite, les pieds côte à côte », précise Gladys Chenel. Poussant plus loin la description, la galeriste ajoute que les personnages « adoptent tous deux une perruque lisse qui leur retombe sur les épaules […]. Les canons de leurs corps sont également semblables : mains et pieds imposants, silhouette sinueuse avec une taille haute et marquée. La femme est vêtue d’une robe fourreau qui suit les courbes de son corps, et est marquée d’une ligne de couture partant de la pointe du décolleté en V jusqu’aux chevilles. L’homme est torse nu et porte un pagne long lui arrivant aux mollets et noué sous la poitrine ». Cette description permet de dater l’œuvre au Moyen Empire et plus précisément de la deuxième période intermédiaire, plus particulièrement de la XVIIe dynastie (environ -1648 à -1569).

Grâce aux hiéroglyphes inscrits sur la pierre dorsale, nous apprenons les noms des deux défunts : Neskhonsou Ipouy, et Takharyt, qualifiée de « maîtresse de maison et chanteuse d’Amon ». L’homme était certainement un haut fonctionnaire, puisque décrit comme le « favori et bien-aimé de tous les maîtres de Thèbes ». La femme, quant à elle, occupait une fonction sacerdotale importante dans le culte d’Amon thébain, occupée par les femmes de la noblesse. Ces statues funéraires étaient considérées comme des images vivantes, renfermant le ka (l’âme) des défunts et recevaient un culte pour leur permettre de vivre dans l’au-delà. Dans le cas présent, on peut imaginer que l’un des deux survivants fit effectuer cette statue afin de pouvoir rejoindre sa moitié le moment voulu par Osiris.

Cette statue va traverser l’Atlantique à l’occasion de The European Fine Art Fair (TEFAF) de New York.

• Galerie Chenel, 3 quai Voltaire, 75007 Paris.

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