Un homme ordinaire

Publié le 18/06/2020 - mis à jour le 19/06/2020 à 10H46

Sonatine Éditions

En explorant la littérature policière, nous avons découvert grâce aux éditions Sonatine, un roman d’une construction incroyable.

Paru en 1984 en Angleterre, il vient tout juste d’être traduit en français.

Une Confession de John Wainwright est l’un de ces romans qui ne vous laissera pas indifférent et qui vous mènera tard dans la nuit pour en connaître le dénouement.

L’éditeur Arnaud Hofmarcher raconte comment il est tombé sur cette perle rare : « Un soir en tombant sur une rediffusion de Garde à vue, je me suis fait la remarque que le personnage de notable, incarné par Michel Serrault, aurait tout à a fait pu être issu d’un des romans de Simenon. Curieux d’en savoir un peu plus sur l’auteur du roman adapté par Claude Miller, je suis tombé sur une biographie de John Wainwright, dans laquelle était précisée qu’un de ses ouvrages, jamais publié en France, avait été chaleureusement salué par… Simenon ! ».

La boucle est bouclée et voilà comment un éditeur retrouve une pépite et nous la livre près de trente ans plus tard…

Une Confession est un roman policier dont l’histoire se déroule en Angleterre dans un petit village. Aucun indice précis de temps ni de lieu, seulement des informations imprécises sur le cadre de vie de ces personnages. Une vie tranquille pour John Duxbury, un homme ordinaire, dans un bourg qui ressemble à tant de villages en Angleterre ou ailleurs. Les faits pourraient tout à fait se dérouler de nos jours tant l’histoire est universelle.

John Duxbury, donc, la cinquantaine, travaille dur et son imprimerie est l’une des entreprises florissantes de la région. Il a pour associé son fils qui lui succédera bientôt.

Sa vie semble bien remplie entre son travail qu’il aime et son foyer… qu’il n’aime pas…

John s’ennuie dans son couple.

Maude, son épouse, est acariâtre, difficile diront certains. Il est à un tournant de sa vie où il s’interroge ; peuvent-ils continuer à vivre ainsi tous les deux, ou un retour de flamme est-il encore possible ? Alors, quand son fils lui suggère de prendre quelques jours de congés en bord de mer, John voit un moyen de relancer son couple. Mais les choses ne se passent pas comme prévu et au détour d’une promenade, Maude fait une chute mortelle.

L’histoire simple et banale, celle d’un terrible accident, mais d’un accident…

Enfin pas tout à fait, car trois jours après les faits, débarque dans un commissariat un homme affirmant que John a poussé sa femme…

Une enquête doit-elle être diligentée quand le coroner lui-même a conclu à un accident ?

Enquête il y aura, et c’est l’inspecteur Harry Harker qui la mènera de main de maître.

Alternant les points de vue : celui de John Duxburry à travers son journal, celui de l’accusation par Raymond Foster, un enseignant dépressif, puis celui de Harry Harker, flic incorruptible et implacable, la tension monte petit à petit, mettant John Duxbury au supplice jusqu’au face-à-face final, digne des plus grands polars…

Un grand moment qui vous marquera, tant le procédé est intelligent et l’histoire bien menée.

Un récit inoubliable qui ne vous donne qu’une envie, découvrir les autres romans de John Wainwright.

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Référence : LPA 18 Juin. 2020, n° 154r9, p.23

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