Un nouveau trio d’artistes à la galerie Taylor

Publié le 23/04/2024

Jusqu’au 27 avril 2024, la fondation Taylor, qui a pour vocation le soutien et la défense de la création artistique, présente les œuvres de trois nouveaux artistes.

Fondation Taylor

Thierry Dalat

Cet artiste a commencé sa carrière comme décorateur d’Opéra à Rouen, puis à Tours, avant de se consacrer à la réalisation de tableaux. En une technique mixte où se mêlent acrylique, colle et fusain, il compose des paysages solitaires en des tonalités sombres qui intensifient l’aspect minéral. Ce sont des routes vides de toute circulation, de vie ; un univers dénudé exécuté en une palette foncée et une matière travaillée, qu’il gratte, ponce ou superpose. Forts sont les contrastes entre ombre et lumière, cette dernière parfois de fin d’après-midi. Le dessin est précis tant pour les paysages que pour les portraits fort expressifs dans lesquels on perçoit le caractère du modèle. Ce sont des femmes au visage pensif, tout en intériorité et remarquablement dessinés. Une certaine intemporalité habite cette œuvre. Thierry Dalat dit avoir été marqué, en particulier, par les fresques de Pompéi porteuses de la patine du temps.

Claire Espanel

Une grande douceur enveloppe les paysages réécrits avec sensibilité par cette dessinatrice. La nature demeure son thème privilégié ; une douceur enveloppe les lieux, et dans leur solitude émane une brume qui va se dissiper au fil des heures. D’une intense sérénité, une allée bordée d’arbres protecteurs ou fraîche clairière emportent entre rêve et vérité. Cette artiste maîtrise parfaitement la pierre noire, qu’elle estompe et « sculpte » ; elle excelle dans l’opposition du noir et du blanc, crée une atmosphère particulière dans une intéressante liberté d’écriture. Les tracés se croisent dans ses dessins, font vivre des arbres dénudés dans la froidure de l’hiver. De ces paysages émane parfois une discrète mélancolie peut-être venue de ces êtres étranges qui les peuplent parfois. Claire Espanel travaille sur feuille de papier calque, dont elle utilise la transparence ; elle exalte la beauté d’une nature paisible, de sous-bois, de lieux presque irréels. Sa création est parfois proche de l’onirisme et exprime, dans la puissance de l’écriture, son admiration pour ces lieux.

Fondation Taylor

Jean-Paul Ruiz

Ces linogravures (gravure sur linoleum) attirent fortement par leur évocation, leur révélation d’une nature à découvrir. Jean-Paul Ruiz est ouvert à diverses formes de création, il réalise installations, photographies, peintures, avec le paysage pour sujet principal. Les arbres de la Corrèze où il réside semblent particulièrement le toucher, l’intéresser ; il les grave en une légère abstraction, s’unissant à la figuration qui demeure primordiale. La forêt, les cascades et leur puissance, leur beauté, dans ses œuvres, sont retrancrits par son imagination, tout en respectant leur vérité, en un dessin minutieux d’une grande délicatesse. Ces représentations témoignent de son intimité avec la nature, le plus souvent enténébrée, réveillée ici et là par la lumière. Il apparaît dans cette création que l’artiste s’intéresse également à la trace laissée par les hommes.

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