Un peintre — Dix sculpteurs

Publié le 24/04/2018

Méditerranée 2017, Hilary Dymond, huile sur toile 132×164 cm.

Galerie Claire Gastaud

« Landscape » – Hilary Dymond

Les paysages de cette artiste attirent d’emblée par leur vérité, leur approche réaliste transcendée par son regard. Née au Pays de Galles, Hilary Dymond a effectué ses études à Londres ; elle vit aujourd’hui dans le Midi de la France.

Admiratrice de la nature dans sa diversité, il ne lui suffit pas d’une approche rapide, elle scrute chaque paysage qui l’attire ou l’impressionne et le travaille en série. Ainsi est-elle en communion avec le site évoqué sur la toile qu’elle plie à sa volonté plastique sans le trahir. L’on perçoit ainsi sa communion avec les étangs dans leur sérénité parfois enveloppés d’une brume légère évoqués avec leurs reflets et leur transparence. C’est avec la même authenticité qu’elle entraîne le spectateur à la conquête des pics alpins acérés, escarpés, parés d’une neige étincelante qui s’accroche à la rudesse des parois remarquablement transmis et dont les arêtes se découpent avec netteté dans l’espace. Tout est limpide, la nature apparaît dans sa vérité, sa solitude aussi ; là encore la matière est délicatement travaillée et les jeux de valeurs subtils.

Charles Despiau, Louis Marlio, bronze 43,5 x 23,5 x 28 cm Collection Musée Despiau-Wlérick.

Paul Soubiron, Service Communication, Mont-de-Marsan agglomération

Somptueux vert émeraude, rochers puissants, écume immaculée, la mer est là dans sa beauté, son mystère. Le superflu est éliminé, seule demeure la nature dans sa plénitude. L’on s’attarde encore devant la série des Venise où coupoles et clochers émanent d’une brume délicatement ouatée en un camaïeu d’ocre clair lumineux ou de gris. La ville rêvée et la ville réelle se confondent. Amoureuse de la forêt et de la campagne, Hilary Dymond la traduit souvent sous une lumière diaphane. Un chant de la nature !

 

Les maîtres de la sculpture figurative – 1938-1968

La Fondation Taylor présente un ensemble de sculptures figuratives exécutées par des artistes talentueux un peu oubliés. Les œuvres proviennent du musée Despiau-Wlérick de Mont-de-Marsan, qui fête les 50 ans de sa création et dont la vocation est de faire revivre les sculpteurs, de 1930 à la fin des années 1960 qui, après Auguste Rodin ont retrouvé un nouveau souffle.

L’exposition révèle la filiation certaine entre les artistes dans la simplification des formes en particulier ; ils ont toutefois conservé leur propre regard. Figure majeure, Charles Despiau a travaillé dans l’atelier d’Auguste Rodin, entre 1907 et 1914 ; s’il a beaucoup appris avec le maître, il a su trouver sa voie personnelle. Ses bustes expriment la délicatesse dans le traitement du visage, la vie intérieure du modèle dans des recherches de rythmes, d’ordonnance entre les différents plans. Figure dans l’exposition le puissant et superbe buste de Louis Marlio, si présent. Ses œuvres témoignent de son attention à scruter les secrets de l’âme. Son contemporain, Robert Wlérick, affirme une rare sensibilité autant que la vérité, le charme de modèles juvéniles. Il affirme sa volonté de construction plastique, de vie dans ces visages au délicat modelé. Ces artistes ont opéré la transition entre l’art de Rodin et celui de ses successeurs.

Fasciné par l’art médiéval découvert dans la cathédrale de Chartres, Jean Osouf s’en inspire. D’une grande pureté, ses visages retiennent l’attention par une beauté qui traverse les siècles. En 1963, il fonde « Le groupe des Neuf », réunissant des artistes désireux de défendre la sculpture figurative. Parmi eux, Léopold Kretz statuaire, inspiré par les maîtres du passé, qui a créé des sculptures denses, habitées de force spirituelle et humaine. Jean Carton et Marcel Damboise faisaient également partie du groupe ; du premier, une grande figure : L’Espoir, jeune femme dans l’épanouissement de sa beauté, magistralement traitée ; le buste d’adolescent sculpté par Marcel Damboise se révèle d’une grande délicatesse. C’est encore Charles Malfray, qui a recherché émotion et synthèse en un art sobre ; de Charles Auffret on retient en particulier une Femme enceinte, d’un grand naturel. Enfin, Raymond Martin, Alfred Janniot et Gunnar Nilsson, des artistes à l’intéressante figuration.

Un grand nombre d’œuvres sur papier présentées en parallèle rappellent l’importance du dessin chez les sculpteurs.

LPA 24 Avr. 2018, n° 135w4, p.16

Référence : LPA 24 Avr. 2018, n° 135w4, p.16

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