Une visite à Giverny

Publié le 11/08/2016

La maison de Monet à Giverny.

Fondation Claude Monet, Giverny / DR

En faisant l’acquisition de sa maison à Giverny en 1890, Claude Monet ne pouvait s’imaginer que 135 ans plus tard elle attirerait une foule curieuse de découvrir ce lieu et notamment le jardin qui l’a tant inspiré, comme en témoignent les Nymphéas, en particulier.

L’été est une saison propice à la visite de ce lieu aimé du peintre où il a travaillé et reçu quelques amis : Cézanne, Caillebotte, Renoir ainsi que Zola et Guitry. Cette propriété appartient aujourd’hui à l’Académie des Beaux-Arts, un legs de Michel Monet, fils de l’artiste. Hugues R. Gall, membre de l’Institut, est depuis 2008 le directeur de la Fondation Claude Monet ; il veille à l’entretien de la demeure et du jardin.

Ce n’est pas sans émotion que l’on visite ce « décor d’existence » loué par Monet dès 1883 et qu’il put enfin acheter sept ans plus tard grâce à la vente de ses tableaux lors d’une exposition organisée à New York par Durand-Ruel.

Le jardin : une pure merveille, dont l’agencement floral est organisé avec talent et amour par le jardinier en chef James Priest, aidé pour l’entretien de nombreux jardiniers et employés. Cet espace a été reconstitué comme du temps de Monet par Gérald Van der Kemp : alors directeur, il a reçu le soutien de mécènes qui ont compris l’importance de redonner vie à ce lieu. Il a retrouvé dans les archives l’état ancien de ce jardin qui resplendit aujourd’hui. À chaque pas, une composition de Monet vient à l’esprit, car la couleur des fleurs voisinant avec verdure et arbustes est conforme à ce qu’avait choisi l’artiste.

Certains massifs sont réalisés comme un tableau, c’est parmi d’autres la « Boîte à peinture », ainsi nommé par James Priest, qui a réalisé une palette de couleurs des plus tendres – roses, jaunes – aux plus fortes, telle une palette. Au fil des allées, on découvre un univers lumineux, délicat ou flamboyant ; les fleurs animent l’espace par leurs tonalités et par leur différence de taille, une féerie. L’on s’imagine Monet évoluant dans cet espace pour travailler parfois sur le motif ou engrangeant des souvenirs pour peindre en atelier. Il a associé avec bonheur nature et peinture : l’eau, la végétation, les fleurs, une sorte de paradis.

« Le jardin d’eau » est un autre espace créé par l’artiste avec ses étangs décorés de nymphéas tropicaux et blancs à l’ombre de saules qui se reflètent dans l’eau. On reconnaît le pont japonais vert, et voici que les tableaux des Nymphéas reprennent vie ici. Ce jardin est une histoire d’amour pour Monet.

Face à lui, la maison et l’atelier. 60 peintures, de bonnes copies, sont exposées dans le salon-atelier et recréent le parcours artistique de Monet. On visite également sa chambre sobre et sa belle vue sur le jardin ; ici encore sont présentées les toiles qui l’entouraient : parmi d’autres, La neige ou Le garçon au gilet rouge de Cézanne. À découvrir encore, la salle à manger peinte en jaune-lumière : chaises, buffets, encadrement, service de table sont à l’unisson. La passion de Monet pour les fleurs se décèle partout ; il est resté à Giverny jusqu’à sa mort en 1926.

Vue du pont japonais dans le jardin d’eau.

Fondation Claude Monet, Giverny / DR

L’ouvrage de Sylvie Patin : Le Musée intime de Monet à Giverny, est à recommander pour la qualité du texte et de l’iconographie (éditions Claude Monet Giverny).

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Référence : LPA 11 Août. 2016, n° 119n9, p.23

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