Île-de-France / Paris (75)

Valérie Knight et Man Ray : ce qu’ils nous donnent à voir

Publié le 03/11/2020 - mis à jour le 04/11/2020 à 10H04

Musée du Luxembourg

Les arbres de Valérie Knight

En juillet dernier, nous arrêtant dans cette galerie par curiosité, nous avions remarqué des photographies de Valérie Knight parmi d’autres photographes, tels Charles Jones, Alexey Brodovitch ou Robert Mapplethorpe. À ce moment-là, Valérie Knight présentait des photographies de fleurs surprenantes et d’une grande sensibilité, de sa série « Fleurs cachées », et trois photographies d’arbres de sa série.

Pour cette exposition, le galeriste Thierry Marlat a choisi de montrer un travail de Valérie Knight réalisé dans les années 1990-2000.

Ce travail est centré sur des portraits d’arbres aux fonds blancs ou noirs, car ce sont réellement des portraits, arbres isolés, extraits de leur milieu naturel, avec un superbe travail de la lumière. Différents formats sont proposés, du plus intimiste (30 cm x 30 cm) au plus grand (3 m x 1 m).

Cette série montre une certaine audace dans le cadrage et l’évocation de ce compagnon que nous rencontrons en nous promenant dans la nature. L’arbre est ici évoqué comme un élément pour la rêverie. Rêverie empreinte d’une rare qualité d’âme qui transcende la matière et qui donne sens à cet art.

Valérie Knight est née en 1965, à L’Haÿ-les-Roses. Étudiante à l’École des Beaux-Arts et des Arts décoratifs de Paris, elle a d’abord été assistante au Studio Rouchon, puis elle est devenue assistante des photographes Jean-Loup Princelle, Federico Cimatti et Guido Mocafico, avant d’être photographe éditoriale pour Elle, Le Figaro Madame, Mixte ou Vogue.

Le travail photographique de Valérie Knight comprend plusieurs séries inédites, centrées sur la nature : « Little big tree », « Blue Planet », « La Face cachée », « Juste là », « La Cour des grands », « Les 4 tankas », « Nothing Special ».

La mode selon Man Ray

La photographie de mode naquit avec le XXe siècle. Au début des années 1920, elle fut simplement utilitaire, régie par les codes de l’illustration de mode. Mais rapidement, certains magazines se spécialisèrent dans la mode, y consacrant de nombreuses pages pour diffuser les tendances et les nouveautés vestimentaires.

Avec la mode, Man Ray s’amusa, et ses étranges compositions, ses solarisations, ses recadrages, ses surimpressions et ses collages qui marquèrent ses recherches surréalistes, contribuèrent à la création d’images oniriques, très attirantes pour le public.

Mais ce fut en premier lieu, pour Man Ray, un gagne-pain, qui deviendra rapidement un jeu pour des innovations. Ses audaces et inventions plurent particulièrement aux revues comme Vogue ou Vanity Fair, et aux couturiers de l’entre-deux-guerres : Poiret, Schiaparelli ou Chanel. Cette activité publicitaire deviendra rapidement essentielle pour Man Ray, et le photographe offrit à la mode une vision spécifique du désir et du rêve, dans des mises en page très novatrices.

Man Ray, comme figure de l’avant-garde, fut ainsi impliqué dans la culture de masse qui émergeait au travers de la mode et de la publicité.

L’exposition met particulièrement en lumière l’enrichissement qu’il y apporta. Il faut se rappeler que sa photographie iconique, Les Larmes, était une publicité pour une marque de mascara.

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Référence : LPA 03 Nov. 2020, n° 156n4, p.19

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