Voir La Grande-Motte autrement !

Publié le 22/07/2016

Un immeuble rond en bord de mer à La Grande-Motte, réalisation de l’architecte Jean Balladur.

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Découvrir ou redécouvrir La Grande-Motte et changer son regard sur cette cité visionnaire qui a obtenu le label « patrimoine du XXe siècle » en 2010.

Si vous avez la cinquantaine, et qu’on évoque autour de vous La Grande-Motte, la conversation risque d’avoir la teneur suivante : « Ah oui, ces horreurs de pyramides en béton ! », avant de s’achever par la phrase qui tue : « Tu ne vas quand même pas aller te balader là-bas ? ».

Alors changez si possible votre point de vue en lisant ces quelques lignes : La Grande-Motte s’apprécie si on vous l’explique en visite guidée par l’office de tourisme, La Grande-Motte s’apprécie hors période de vacances juillet-août, La Grande-Motte nécessite un parcours de quelques heures et le bike board, la trottinette électrique, ou le vélo sont un moyen idéal pour la parcourir.

Un contexte voulu par le général de Gaulle

Il faut replacer dans son contexte historique l’aventure que fut l’élaboration de cette cité sortie des marécages et des sables : l’après-guerre et les Trente Glorieuses, période faste de déploiement touristique ; l’avènement de l’automobile et des congés pour tous ; la décision de mettre en valeur quelques 180 kilomètres de côtes insalubres en Languedoc-Roussillon.

Un architecte philosophe et visionnaire

À qui confier cette « mission Racine » de revalorisation d’un terrain de marais ? Choisi par de Gaulle et Pompidou, Jean Balladur est un utopiste influencé par Le Corbusier et par des voyages au Mexique (Teotihuacan) et à Brasilia construite par l’architecte Oscar Niemeyer ; il remet l’homme au centre de la ville en créant une osmose entre lui, les cycles solaires et les cycles de la vie et la nature.

Une côte bétonnée avec sens

Certes le béton est omniprésent, certes les pyramides sont gigantesques en front de mer ; mais le bâti a une vocation : arrêter les vents et le sel marin en s’offrant en peignes pour créer en arrière-plan des microclimats ; offrir à tous les habitants de ces tours une vision panoramique avec terrasses en une vision humaniste et généreuse ; privilégier la douceur des arrondis sans effacer la brutalité des angles et équilibrer les opposés à l’image du couple yin et yang ; moulurer les façades pour faire pénétrer au maximum la lumière et jouer avec les ombres, etc. La ville idéale selon Jean Balladur se veut sans voitures avec de grands parkings en périphérie. C’est là même un exemple de l’extrême modernité du projet, puisque cette approche est celle de nombreux centres villes aujourd’hui.

Une ville-parc

Ces 750 hectares de terrains sauvages envahis par les marais et les moustiques se sont transformés en une ville prodige où le végétal a été un réel outil d’urbanisme. Aujourd’hui, près de 70 % de la ville est composée de végétal, surtout de pins parasols. Il faut donc arrêter de dire que La Grande-Motte équivaut à une urbanisation délirante. Les arbres ont poussé et la végétation, entre étangs artificiels et mer, est à pleine maturité ; fort peu de lieux peuvent s’enorgueillir d’une telle abondance d’espaces verts et de végétaux qui ne sont en aucune façon des jardins fermés mais des espaces verts en pleine liberté.

En deux mots, pour vous faire aimer La Grande-Motte, une seule référence et phrase, celle de Philippe Trétiack : « il y a eu La Grande-Motte, pendant 20 ans il y a eu La Grande-Moche, aujourd’hui il y a La Grande-Mode ».

Une bonne adresse pour se reposer et visiter la ville

Entre le bâti des années 1960-1970 et les massages esthétiques qu’il propose, le Thalasso Spa La Grande-Motte est un ensemble avec vue sur l’océan où vous pourrez associer le repos, le bien-être médico-esthétique et des visites architecturales en ville ; un compromis idéal pour appréhender l’ensemble.

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Référence : LPA 22 Juil. 2016, n° 119h6, p.21

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