« Silence, on viole ! » : 1er prix du concours de plaidoiries des lycéens sur les droits de l’Homme

Publié le 13/03/2018

La finale du concours de plaidoiries des lycéens sur les droits de l’Homme a eu lieu au Mémorial de Caen, le 26 janvier dernier. Ce concours propose à tous les lycéens francophones d’exprimer leur indignation sur des sujets d’actualité. Cette 21e édition a été remportée par Sofia El Mountassir Billah, du lycée français Lyautey à Casablanca, avec son discours « Silence, on viole ! ».

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Chaque année, le Mémorial de Caen organise un concours national de plaidoirie sur les droits de l’Homme. Les avocats, les étudiants et les lycéens francophones sont divisés en trois catégories et tentent cet exercice audacieux pour parler d’une cause qui leur tient à cœur. En présence d’un jury composé de personnalités engagées dans la défense des droits de l’Homme, le concours des lycéens se déroule devant 2 000 personnes environ et récompense les qualités oratoires et la force argumentaire des candidats.

Pour cette 21e édition, la finale se tenait le 26 janvier dernier et a réuni 15 participants venant de lycées francophones. Ils avaient 8 minutes chacun (ou à deux) pour convaincre le jury, présidé par Serge Money, avocat au barreau de Paris.

Avec sa plaidoirie, « Silence, on viole ! », Sofia El Mountassir Billah du lycée français Lyautey à Casablanca, a remporté le premier prix du concours. Elle y dénonce les agressions et les viols dont sont victimes les femmes dans les sociétés arabes. « Une femme dans une rue est une intruse, une impertinente qu’il convient d’interpeller, de punir », incrimine-t-elle. Sa prestation très émouvante et réaliste faisait référence au viol d’une Marocaine par une bande d’adolescents dans un bus durant l’été 2017. À l’époque, la scène, filmée et publiée sur les réseaux sociaux, a suscité de nombreuses réactions et choqué le monde entier. « Nous ignorons et banalisons ces crimes depuis bien trop longtemps », a déclaré Sofia qui critique ce qu’elle appelle « la loi du silence ». La jeune lycéenne a rappelé les lois qui existent mais qui ne suffisent pas face à « une jeunesse qui grandit encore avec une vision rétrograde et humiliante de la femme » et à « l’absence d’implication du système scolaire dans les notions de parité et de sexualité ».

Quatre autres élèves se sont distingués auprès du jury.

Le prix de l’engagement citoyen MGEN a été remis à Hélène Yildiz du Lycée Saint-Exupéry de Fameck par la Mutuelle générale de l’Éducation nationale, qui s’associe une nouvelle fois à l’événement. La jeune fille a été récompensée pour sa plaidoirie « Une croyance dissimulée. Les Alevis de Turquie » et termine 2e du concours. Asaël Kimfuta et Liora Amsellem, du lycée Hoche, à Versailles, ont obtenu le 3e prix avec « Alea jacta est ». Le 4e prix a été décerné à Jeanne Chassereau, du lycée Sainte-Agnès, à Angers, grâce à sa plaidoirie « Les libertés égyptiennes, la corde au cou ». La vidéo de la finale est accessible sur la plate-forme Youtube pour revoir les plaidoiries des participants.

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