Val-de-Marne (94)

« 18-20 de la relance » : la préfecture du Val-de-Marne au soutien des entreprises

Publié le 18/06/2021 - mis à jour le 20/06/2021 à 10H09

Nommée le 7 décembre 2020, Faouzia Fekiri, la sous-préfète de Créteil chargée du développement économique et du plan de relance du département du Val-de-Marne (94), a rapidement mis en place sa vision offensive de la relance en ces temps de crise. Son objectif : connaître les difficultés et les besoins réels des acteurs de terrain. Face à la méconnaissance de certains dispositifs d’aide, Faouzia Fekiri a proposé de mettre en place un contact direct et créé le « 18-20 de la relance », un rendez-vous en ligne réunissant services départementaux, opérateurs et chefs d’entreprise. Après une première séance le 31 mars dernier, l’initiative se poursuit durant le mois de juin et reprendra en septembre prochain.

« Nous devions montrer que l’État était présent », précise la sous-préfète. Dans quelques heures, elle sera de nouveau connectée, derrière son ordinateur, pour répondre aux questions des participants et participantes. Pour la session du 10 mai dernier, il y a eu 150 inscriptions. Un record. Au minimum, le « 18-20 de la relance » a rassemblé 39 participants. « Chaque personne présente devient un relai d’information sur le territoire », explique Faouzia Fekiri. Pour preuve, le fonds de solidarité pour le département du Val-de-Marne s’élevait à 200 millions d’euros pour la période de mars à décembre 2020, et à 300 millions d’euros rien que pour la période de janvier à mars 2021. « Quand les partenaires ont accès à la bonne information, ils actionnent les dispositifs ».

« Artisans, toutes les aides à votre disposition »

« Vous cliquez sur la main et elle va partir comme par magie », lance Faouzia Fekiri à l’une des intervenantes. Comme à l’accoutumée avec les réunions en ligne, la technique apporte son lot de cafouillages. La sous-préfète espère que le dispositif sera assez robuste pour accueillir tout le monde. Ce sera le cas. La règle de ce rendez-vous est simple : on se connecte et on se déconnecte quand on veut. Ce soir-là, la soirée était dédiée aux professionnels de l’artisanat, en collaboration avec la Chambre des métiers de l’artisanat. Au moins d’avril, un même format était organisé avec la Chambre de commerce et d’industrie. Les intervenants et intervenantes apparaissent petit à petit eux aussi : les représentants de la Direction départementale des finances publiques, du tribunal de commerce, du médiateur des entreprises, de la Direction régionale interdépartementale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (DRIEETS) et de Pôle emploi.

Dans le chat, on se dit bonjour et on remercie les organisateurs. La sous-préfète se chargera de relayer les questions. À l’ordre du jour, seront abordés : le volet des aides mobilisables en faveur des entreprises, le dispositif du fonds de solidarité, le soutien à l’activité partielle, le prêt garanti par l’État, l’aide à l’emploi et à l’apprentissage des jeunes, le dispositif France numérique, ou comment faire pour trouver des réponses avant que la situation ne s’aggrave. « La parole vous est donnée », conclut Faouzia Fekiri.

Ne pas passer à côté des aides

Première intervenante à prendre la parole, Nicole Richard, présidente de la Chambre de métiers et de l’artisanat du Val-de-Marne (CMA94), constate que « certaines entreprises passent à côté de certaines aides indispensables à la survie ». Suit le représentant de la Direction départementale des finances publiques, qui explique que « le fonds de solidarité est une priorité pour notre service ».

Pour ce fonds, le traitement centralisé et automatisé par des filtres est complété par un échange avec des usagers pour lever ou préciser des ambiguïtés. Cette situation donne lieu à de l’incompréhension et des délais parfois rallongés. Il est alors précisé qu’une campagne de vérification des justificatifs concernant les demandes effectuées par courriel peut intervenir sous 30 jours. Cette campagne n’est ni un spam, ni du hameçonnage : il faut donc y répondre.

Dans le chat, une personne interpelle : « Bonsoir tout le monde, je suis artisan taxi depuis août 2020 et je n’ai le droit à aucune aide. J’ai 25 ans, je suis à bout et à la limite de la faillite ! Plus les mois passent, plus je m’endette ». Sans attendre, la sous-préfète invite cette personne à lui adresser un mail sur son adresse préfectorale et lui communique le tableau récapitulatif de tous les contacts utiles, envoyé à tous les participants.

Faouzia Fekiri, sous-préfète de Créteil chargée du développement et économique et du plan de relance du département du Val-de-Marne (94).

Le représentant de la Direction départementale des finances publiques répond à une autre question : non, il n’est pas normal que certaines entreprises n’aient pas reçu leurs aides depuis janvier. « Parfois la somme est versée après l’envoi des pièces complémentaires. Si cela prend trop de temps, je vous invite à vous manifester ». Et au sujet des acomptes CFE 2021 ? « Il est encore trop tôt pour en parler ». Et pour l’après Covid ? « L’État a toujours aidé les entreprises », reprend la sous-préfète. « Le ministre de l’Économie l’a dit : l’arrêt des aides sera progressif. Maintenant, il ne m’appartient pas de vous dire comment cela va être échelonné. Ce sera une décision politique forte ».

Toutes ces questions font l’objet chaque semaine d’une « Foire aux questions » adressée aux participants et disponible sur la page France Relance du site de la préfecture, dédiée au plan de relance. À l’issue de ces séances, cette FAQ est enrichie des questions les plus fréquentes. « Nous avons réussi à toucher les entreprises créées en 2020, pour qui c’est extrêmement compliqué. Nous leur faisons des réponses individualisées. Mais nous avons encore du mal à toucher le secteur industriel », conclut Faouzia Fekiri.

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