Analyse financière normative des entreprises

Publié le 07/05/2021

À l’heure où sévit l’épidémie de Covid-19, et alors que l’économie semble devoir être sur tous les plans et dans toutes ses dimensions « disruptée » par de nouveaux entrants se revendiquant avec plus ou moins de justesse du titre de start-up, l’analyste financier peut légitimement se poser des questions non seulement sur le sens de son métier, mais également sur ses fondamentaux et ses pratiques.

Dans un monde où des millions d’euros sont levés par des sociétés n’ayant toujours pas atteint leur seuil de rentabilité ; dans ce même monde où la perspective d’une mise à l’arrêt brutale et intégrale de l’économie est devenue un possible, et où des prêts sont abondamment distribués pour faire face à des déficits d’exploitation induits par cette situation exceptionnelle, les fondamentaux de l’analyse financière que sont l’exigence d’une structure financière saine et l’exigence d’un niveau de rentabilité suffisante pour faire face aux besoins et engagements financiers peuvent apparaître comme un conservatisme dépassé.

Si l’on ajoute à cela l’émergence de l’intelligence artificielle dont certains prétendent qu’elle est appelée à remplacer les professionnels jusque dans les fonctions les plus qualifiées, l’analyste financier a toutes les raisons de se confondre en interrogations.

Pourtant, à y regarder de plus près, cet environnement bouleversé vient en fait, et à de nombreux égards, confirmer et renforcer ce que Bernard Manceau définissait en 1992, dans la première édition de cet ouvrage, comme des « invariants ». Car si l’épidémie de Covid-19 appelle des mesures de soutien exceptionnelles, il n’en demeure pas moins que seules les structures les mieux armées et les plus saines peuvent satisfaire aux exigences de ce stress-test grandeur nature.

C’est pour cette raison qu’il est apparu l’utilité d’une mise à jour de cet ouvrage technique, destiné à des praticiens, et qui vient répondre, en privilégiant les données financières caractérisées par leur rémanence quel que soit le secteur d’activité, aux questions suivantes : les ressources propres de l’entreprise sont-elles suffisantes ? ; Quelle est la dose de crédit supportable ? ; Selon quelle séquence la rentabilité opérationnelle se transforme-t-elle en résultat financier ? ; À partir de quel niveau ce résultat peut-il être tenu pour satisfaisant ? ; La structure financière de l’entreprise est-elle adaptée à sa stratégie ? ; L’évolution de la trésorerie la préserve-t-elle du risque d’illiquidité ?

Dans un contexte changeant et bouleversé, des invariants peuvent servir de guide en tant que méthode. Il appartiendra au lecteur qui tient cet ouvrage entre ses mains, de se l’approprier, et de le faire sien, jusqu’à pouvoir l’appliquer avec tout le bon sens nécessaire. Voilà donc délimité le rôle de ce livre : à lui la méthode, au lecteur le bon sens.

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