Paris (75)

Île-de-France : l’activité des TPE-PME à la traîne

Publié le 24/06/2021 - mis à jour le 25/06/2021 à 10H39

Plus impactées par la crise en Île-de-France que dans les autres régions, les TPE et PME ont vu leur chiffre d’affaires stagner en début d’année. Les entreprises de l’hébergement et de la restauration situées à Paris sont principalement concernées.

L’économie française est détraquée. Si une telle affirmation peut sembler abrupte, elle n’étonnera personne après 15 mois d’une crise inédite, dont il est encore difficile de mesurer les réels effets. Les derniers chiffres dévoilés par le Centre régional d’observation du commerce, de l’industrie et des services (CROCIS) et le Conseil régional de l’ordre des experts-comptables de Paris Île-de-France, dans le Baromètre de l’activité des TPE-PME franciliennes au 1er semestre 2021, n’en restent pas moins étonnants, tant ils sont rares. Les TPE et PME de la région-capitale n’ont vu leur chiffre d’affaires évoluer que de 0,1 % au premier trimestre 2021, par rapport à la même période l’an passé, et se sont placées ainsi dernières au classement des régions de l’Hexagone.

Qui l’eût cru ? L’Île-de-France, le moteur habituel de l’économie française, région la plus riche, la créatrice de près du tiers du PIB du pays, est aujourd’hui le bonnet d’âne de l’activité économique de l’Hexagone. Seules les TPE-PME d’Auvergne-Rhône-Alpes se sont elles aussi montrées à la peine en ce début d’année, leur chiffre d’affaires moyen n’ayant augmenté que de 0,6 % dans le même temps. Partout ailleurs, le rebond de l’activité s’est révélé vigoureux malgré l’enchaînement des confinements : + 6 % en Normandie, + 6,6 % en Provence-Alpes-Côte d’Azur, + 8,6 % en Nouvelle-Aquitaine, et même + 13,5  % à la Réunion. L’écart est saisissant avec les deux régions les plus développées de France.

Paris en manque de tourisme

En Auvergne-Rhône-Alpes, ce sont essentiellement « les activités de montagne » qui ont « souffert », expliquent les auteurs de l’étude. Le blanc de la neige, abondante durant la période hivernale, s’est donc transformé en page blanche pour les bilans de nombreuses entreprises de la région. En Île-de-France, pas de montagnes, ni de remontées mécaniques, mais des bars et restaurants restés fermés tout l’hiver, et des touristes aux abonnés absents. Logiquement, le chiffre d’affaires moyen des TPE-PME franciliennes de l’hébergement-restauration a dévissé de 61,2 % par rapport au premier trimestre 2020, et a entraîné presque à lui seul l’activité économique de la région dans sa stagnation trimestrielle. Car excepté le secteur des transports et de l’entreposage, en léger recul de 2 % lui aussi, tous les autres grands secteurs étudiés par le Baromètre du CROCIS et des experts-comptables de la région, ont vu leur chiffre d’affaires largement progresser : + 8,8 % pour le commerce, + 9,5 % pour l’industrie manufacturière et + 13,2 % pour la construction. L’économie de la région, trop dépendante des touristes, n’a pas su trouver la parade aux confinements et restrictions de circulation en vigueur en début d’année. Un tel constat ne vaut pas néanmoins pour toute la région, loin s’en faut.

CROCIS-OEC

Disparités franciliennes

En effet, les précisions départementales fournies par l’étude révèlent de fortes disparités au cœur même de la première région de France. Fait exceptionnel, c’est la banlieue qui a porté l’économie francilienne lors du premier trimestre. Le chiffre d’affaires des TPE-PME du Val-d’Oise, de Seine-et-Marne et de l’Essonne a bondi respectivement de 5,3 %, 5,8 % et 6 %, la meilleure performance revenant à la Seine-Saint-Denis : + 7,8 %. Dans les Yvelines et le Val-de-Marne, l’activité des entreprises étudiées a été un peu moins soutenue, avec une hausse des chiffres d’affaires de tout de même 3,4 % et 4,1 %. Des données éclatantes comparées à celles des Hauts-de-Seine (+ 0,2 %).

Paris, quant à elle, fait une nouvelle fois bande à part, mais en deuxième division cette fois-ci. Ses entreprises ont vu dégringoler leur chiffre d’affaires de plus de 6 % par rapport à la même période l’an dernier. Cette tendance sera-t-elle amenée à durer ? Tel est l’enjeu. Le troisième confinement décidé en avril dernier risque, une nouvelle fois, d’impacter négativement les comptes des TPE et PME franciliennes. Ensuite, la réouverture des bars, restaurants, commerces et lieux culturels devrait entraîner un fort redécollage de l’activité à Paris, en Île-de-France et sur l’ensemble du territoire national.

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