Val-de-Marne (94)

Location en Île-de-France : davantage de demandes et de difficultés pour trouver un logement

Publié le 08/11/2022 - mis à jour le 08/11/2022 à 10H24
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Pormezz/AdobeStock

Le marché de la location a le vent en poupe. Porté par les craintes économiques, il attire de plus en plus d’intéressés peu enclins à se lancer dans l’acquisition d’un bien aux conditions présentes. Dans une récente étude, le site De Particulier à Particulier évoque « un marché tendu, éprouvant pour les candidats à la location ».

Des demandes en hausse et des offres en baisse, les mauvaises nouvelles s’accumulent pour les locataires en recherche d’un logement. Plus d’un candidat sur quatre a vu son dossier refusé à plusieurs reprises en cette rentrée, en Île-de-France, selon une étude menée auprès de 11 000 personnes par le site spécialisé De Particulier à Particulier (https://www.pap.fr/). Et contrairement aux idées reçues, ces refus ne concernent pas les seuls étudiants ou travailleurs précaires, mais aussi les salariés bénéficiant d’un CDI. 33 % d’entre eux ont été éconduits plus d’une fois dans leurs recherches, contre 24 % des étudiants et 8 % des salariés en CDD.

Ces difficultés à trouver un logement s’expliquent notamment par un report constaté des acheteurs vers le marché de la location, entraînant de fait une augmentation de la demande et donc une plus grande possibilité pour les propriétaires de choisir « leur » candidat. « Certains actifs, qui auraient probablement acheté lors des années précédentes, restent locataires, ce qui mobilise des logements (moins d’offres) et augmente la demande de location », précise PAP dans sa note. Ainsi, la part « étudiante » dans les recherches de location a baissé de 35 % à 27 % quand celle des actifs, dotés de moyens financiers plus élevés, a, elle, augmenté.

De l’achat vers la location

En cause, notamment, les incertitudes sur le pouvoir d’achat dans un contexte économique instable marqué par l’inflation et la guerre en Ukraine, ou encore des problèmes d’accès au crédit et une hausse des taux d’intérêt observée depuis plusieurs mois. Selon l’Observatoire Crédit Logement et l’institut CSA, le taux moyen d’un crédit immobilier s’établit à 1,82 % en cette rentrée 2022, contre 1,06 % en décembre 2021. Le nombre de prêts accordés a baissé de 13 % par rapport à 2021. En clair, dans le climat économique actuel, les potentiels acquéreurs, même dotés d’un contrat de travail fixe, préfèrent temporiser un processus d’achat qui les engagerait pour les 25 prochaines années en espérant de meilleures conditions dans le futur. À court terme, l’intérêt de la location s’en trouve renforcé au profit de l’accession à la propriété.

Logiquement, cette augmentation de la demande (+ 9 % par rapport à 2019) n’est pas sans effet sur le prix des biens en location. Près de 46 % des sondés par PAP jugent que « tout est trop cher ». En tête des territoires les plus coûteux se classent, sans surprise, trois départements franciliens : Paris, Hauts-de-Seine et Val-de-Marne. Ces tendances haussières sur le marché locatif entraînent également un allongement des délais de recherche. Plus de 50 % des futurs locataires ont entamé leurs démarches il y a plus de deux mois. Globalement, ils sont 96 % à juger supérieures ou égales leurs difficultés à trouver un logement par rapport à l’avant-Covid.

« De nombreux éléments susceptibles de fragiliser le marché immobilier »

Cette situation du marché locatif est-elle, dès lors, amenée à se pérenniser ? À l’autre bout de la chaîne de l’immobilier, les Notaires du Grand Paris, garants des ventes et achats des biens et de leurs données, estimaient dans leur dernière communication début septembre que « des chocs de très grande ampleur sont actuellement à l’œuvre. La configuration assez inédite qui est en train de se dessiner comporte de nombreux éléments susceptibles de fragiliser le marché immobilier ». Les notaires de la région craignent particulièrement « que les acquéreurs de biens immobiliers ne soient pénalisés par une baisse de leur capacité de financement, avec des prix historiquement élevés et des taux de crédit en progression, alors même que leurs revenus pourraient évoluer moins rapidement que l’inflation ». Concrètement, le report vers le marché locatif pourrait se poursuivre à court et moyen terme même si « des facteurs de résilience subsistent » pour l’accès à la propriété, nuancent les Notaires du Grand Paris. Et de préciser : « Une abondante épargne a été accumulée pendant la crise sanitaire et une très forte confiance dans l’immobilier, valeur refuge préservant de l’inflation ». Le marché de l’immobilier semble finalement entrer, comme tous les autres secteurs, dans une phase de temporisation compte tenu de l’actualité.

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