Adresse gourmande et musique baroque

Publié le 12/06/2019

Monak

Entre les Champs-Élysées et Iéna, peu de restaurants et pourtant, la demande est importante de la part de la clientèle locale bourgeoise ou celle d’affaires et des grands cabinets d’avocats et d’audits.

Autant dire que Monak sera sûrement le bienvenu, d’autant plus que ce nouvel établissement est à cheval sur plusieurs concepts : restaurant à part entière, avec before et bar à cocktails pour les noctambules.

Ce lieu est né de l’idée d’une association d’agents du milieu sportif et de Yacin Berrabah, ex champion du monde de kick boxing. L’intérieur du restaurant propose un mélange des genres assez inédit : du classique et de l’élégance, ponctués de personnages tirés de la pop culture et de bandes dessinées vintage avec technologies du XXIe siècle.

Une moquette épaisse côtoie de douces tonalités bronzées avec des reproductions de Bugs Bunny et de Mickey Mouse. Le « clou » du décor réside en ces œuvres street art de Kadoche et dans le jeu de miroir totalement hypnotisant de Rybojad, avec le « M » de Monak qui s’étire en lumières infinies…

Au bar, le « mixologue » Michaël Gomes Mendonça peut vous entraîner dans des effluves enivrants de vodka, de champagne, de fleur de sureau, de maracuja ou pour les plus sages, vers des mocktails tendance concombre, carotte, cardamome, gingembre…

Dans votre assiette, le talent un peu iodé d’un ancien de Marius et de Jeannette, Marc Dizman, qui propose un menu à 3 plats à 32 €. Chaque semaine, ce menu change et, dernièrement, le choix se portait pour l’entrée sur un œuf poché et sa poêlée de champignons et jus de veau ou gravlax de saumon passion et agrumes. À nouveau 2 propositions pour le plat principal avec un steak de thon rouge au sésame légumes croquants et riz ou un pavé de rumsteck sauce poivre et frites maison.

Le repas se terminait par une tartelette citron, framboise, billes de yuzu ou un crumble de poire sauce chocolat praliné.

Du grand classique en somme, mais bien exécuté, tout comme la pizza aux truffes et les crevettes en tempura.

Les Arts Florissants

Nous n’avions jamais rencontré William Christie ; c’est chose faite désormais grâce à une conférence sur l’anniversaire des 40 ans de ses « Arts Florissants », et on ne peut s’empêcher de dire « Quel homme inouï » ! William Christie est un grand homme.

Si vous n’êtes pas familier avec la musique baroque des XVIIe et XVIIIsiècles, son nom n’évoque peut-être rien pour vous. Mais sachez que ce natif des États-Unis, devenu Français par amour de notre pays et de la Vendée, cumule fonctions et qualités : jouer du clavecin, être chef d’orchestre et enseignant en musicologie, protéger et mettre en valeur le patrimoine français de ses jardins à son bâti, tout en conservant un physique de jeune premier, un humour déroutant et un flegme assez britannique. En deux mots, le gentleman de la musique baroque.

Sa carrière prend une dimension décisive et internationale quand il crée un ensemble instrumental et vocal majeur en 1979, les Arts Florissants. Depuis ce temps-là, la création autour de Haendel, Monteverdi, Lully, Rameau, Bach… ne cesse de se développer, nourrie de collaborations avec de jeunes talents et produite du Bolchoï au Lincoln Center de New York, ou au Suntory Hall de Tokyo.

Aujourd’hui, 40 ans plus tard, les Arts Florissants représentent deux festivals à Thiré en Vendée, plus de 90 concerts en Europe et 60 en France, plus de 120 CD et DVD Harmonia Mundi, des tournées aux États-Unis et en Asie, qui font travailler quelque 200 artistes.

Avec son chef associé et directeur musical adjoint, l’Écossais Paul Agnew, les Arts Florissants ont concocté un anniversaire marqué par 3 temps forts : la 9e édition du Jardin des Voix pour découvrir les futures voix de demain, un festival dans les jardins de Thiré du 24 au 31 août, et 3 jours de fête à la Philharmonie de Paris du 20 au 22 décembre 2019.

Si un jour vous entendez parler des sopranos Mariasole Mainini, Lauren Lodge Campbell, Deborah Cachet, Théo Imart, Moritz Kallenberg, Rory Carver, et Sreten Manojlovic, vous saurez alors qu’ils ont été découverts par les Arts Florissants, puisqu’ils seront les jeunes talents du Jardin des Voix 2019.

La Vendée résonnera de La finta giardiniera de Mozart en août, avant toute l’odyssée baroque parisienne de décembre prochain.

Une floraison magique à venir en 2019.

Un écrin d’élégance et de pop culture.

Monak

LPA 12 Juin. 2019, n° 144x3, p.22

Référence : LPA 12 Juin. 2019, n° 144x3, p.22

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