Balade dans Laon

Publié le 12/08/2021

Cathédrale Notre-Dame de Laon.

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Dans l’Aisne, la cité médiévale de Laon se visite et s’apprécie du haut d’une trottinette électrique !

Nous promenant dans l’Aisne, nous avons découvert en cœur de ville une société, Randoway, laquelle propose des circuits touristiques avec ce moyen inédit de transport.

Pas besoin d’être Anquetil ou Jeannie Longo pour enfourcher l’engin ! Bruno, l’accompagnateur et propriétaire de Randoway, vous initie et donne quelques infos pratiques (passer par l’hôpital de Laon n’est pas un souhait du touriste de base !). Comment démarrer la trottinette, la freiner, la garer et 2 minutes plus tard nous voilà en route sur les pavés du centre-ville, casque vissé sur la tête pour appréhender la ville haute de Laon à 100 mètres de haut de la ville basse plus administrative et moderne.

Pénétrez dans la capitale carolingienne (Laon l’a été du VIIIe au Xe siècle) par la porte d’Ardon, une superbe porte beffroi du XIIIe siècle qui fermait l’accès à la cité. À ses pieds, un lavoir-abreuvoir du XIXe siècle, témoin des nombreuses sources d’eau qui alimentent Laon.

Après avoir longé la plus ancienne maison de la ville, celle des Chanoines (parties des XIIe, XIIIe et XVIe siècles) ; c’est l’Hôtel-Dieu, hôpital où les chanoines soignaient les indigents, qui a stoppé notre trottinette. L’office de tourisme de la ville s’y est installé et aux murs on distingue encore des restes de peintures, de fresques d’antan. Entre documentations et livres, les alcôves délimitent les emplacements de chaque lit pour un malade.

Laissez-là votre trottinette, car la cathédrale est à vos pieds. Laon a été élevée au rang d’évêché au tournant du VIe siècle, par la volonté de Saint Rémi. Mais il faudra attendre quelques siècles avant que ne soit édifié un édifice religieux adéquat en l’honneur de la Vierge. Certes, la cathédrale a été grandement restaurée, car entre l’usure liée au temps et les dégâts causés par la Révolution de 1789, les statues et pierres des tympans, des portails étaient fortement endommagés, érodés ; quand les têtes n’étaient pas tranchées et les armoiries grattées. Néanmoins, elle demeure imposante par sa taille, ses tours et flèches tendues vers le ciel.

Les Italiens de la Renaissance qualifièrent de gothique l’architecture du Nord de l’Europe à partir du XIIe siècle. Auparavant, on nommait cela « art français ». Et Laon d’être avant-gardiste en construisant avant même la cathédrale de Paris en 1163 sa cathédrale dès 1155.

C’est en montant les 252 marches de la tour que vous apprécierez le panorama sur les toits de la vieille ville, la beauté des flèches gothiques et de ses gargouilles. À 30 mètres au-dessus du parvis, la vision est superbe. Deux surprises peuvent vous attendre là-haut : la volée de cloches quand sonne midi et la visite des tribunes de la cathédrale au premier étage pour appréhender sa hauteur, voir les fragments de statues qui décoraient à l’origine les portails.

Reprenez votre « destrier » à batterie et longez les remparts de la ville : pas moins de 7 kilomètres qui enserrent la citadelle et la protègent des assaillants. Entre routes départementales, chemin empierré, ruelle pavée ou gazon ; la trottinette est mise à rude épreuve ; mais ses roues larges confèrent une vraie stabilité même dans les tournants en épingle à cheveux.

Un pont-levis devant vous du XIXe et vous voilà à l’entrée des souterrains de la cité. Construits à l’origine par Henri IV pour punir la localité de sa connivence avec la Ligue, ils s’étendent sur plusieurs hauteurs en surplomb de la citadelle que Vauban avait trouvée fort mal construite. Néanmoins, le roi Louis-Philippe décidera de les restaurer pour fortifier les défenses de la ville face à un probable occupant germanique. C’est le général et ingénieur militaire Raymond Adolphe Séré de Rivières qui a élaboré cette défense, en se basant sur un système de noyau central protégeant les autres bastions via un système de télégraphie optique. Assez efficace lors de la Grande Guerre, ce système se révéla totalement inadapté aux obus et bombes de gros calibre de la Seconde Guerre mondiale. Ce fort de Séré perdit alors tout son intérêt. Aujourd’hui, les souterrains sont un mille-feuille géologique, un gruyère dans les couches calcaires de la butte ; car nombreux ont été les édifices qui ont été construits à partir de pierres extraites de ces galeries ruisselantes d’eau. Avec un audio-guide, vous déambulerez dans différents couloirs pour voir un silo à grains, la prison des Templiers, des casemates du XIXe, la poudrière où un spectacle haut en couleurs et bruits d’explosions retrace les différentes vies de Laon.

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