Deux expositions

Publié le 15/02/2018

Mobilier réalisé par Élizabeth Garouste.

Grégory Copitet

Elizabeth Garouste – Designer

Entre rêve et poésie, invention et fable, cette artiste nous entraîne dans son monde où la liberté créatrice est reine. Ses masques, objets divers et mobiliers témoignent d’une fantaisie cependant organisée.

Élizabeth Garouste, designer reconnue depuis les années 1980, a su redonner un essor à l’Art Décoratif en affirmant une modernité qui ne rejette pas certaines références. Après des études à l’École Camondo notamment, elle a réalisé des décors de théâtre et d’intérieur remarqués (mobilier et décoration), qui ont assuré sa notoriété. Épouse du peintre Gérard Garouste, elle s’intéresse également au dessin et crée des œuvres à forte originalité.

Les pièces qu’elle présente à la Granville Gallery sont révélatrices de sa fantaisie ; elle crée un univers insolite avec ses objets décoratifs et l’on est pris par cette ambiance proche parfois de l’art brut et source d’évasion. Élizabeth Garouste travaille divers matériaux : métal, bois, parfois laqué, résine, plâtre et réalise des objets décoratifs hors du commun. Ce sont des lampes en métal patiné dont l’abat-jour est peint de motifs végétaux en noir et blanc ou d’élégants candélabres en métal décorés de fleurs stylisées.

La beauté réside dans la simplicité de ces œuvres aux lignes pures et parfois géométriques pour les lampes. Une inventivité permanente inspirée du monde animal, végétal et minéral. Le regard est également attiré par des pots anthropomorphes en terre cuite, expressifs, aux traits succincts posés en peinture noire. Ils évoquent un art primitif.

Autre facette de son talent : les masques multiples, tous différents, souvent baroques, parfois magiques : visages humains suggérés en quelques traits et animaux. L’artiste travaille forme et matière, se réinvente en permanence et propose un voyage onirique.

Peinture silencieuse

Les 4 artistes présentés à la galerie Univer possèdent en commun la sobriété de l’expression. Contemporaines, leurs œuvres ne cèdent pas aux sirènes du moment mais conservent une belle authenticité.

Emmanuelle Perat nous convie à visiter usines ou greniers, dans la sobriété, en une intéressante figuration où la géométrie est souvent présente. Ses pastels secs décrivent des machines ou un entassement d’objets délaissés dans un coin de grenier, sous les jeux de l’ombre et de la lumière et dans la délicatesse de tonalités d’ocres.

Silence encore chez Didier Hagege, qui propose une création personnelle, intimiste, réalisée en peinture, collage et gravure. Il transforme des objets compagnons de notre vie : fauteuil, lustre auxquels nous ne prêtons guère attention, en une écriture sensible et évocatrice. Une suggestion de la vie intime, banale sans doute mais essentielle. L’artiste ne se soucie pas de plaire ou de la mode, il se fait témoin d’une ambiance.

Avec des encres délicates et en une ligne d’une extrême finesse, Emmanuelle Mason évoque : chouette, poule ou renard. Inanimés, ces animaux émanent d’un fond neutre qui les projette en premier plan. Cette artiste rend avec talent la texture de poils ou de plumes, crée des contrastes dans la douceur et semble révéler une certaine compassion pour ces bêtes.

Une œuvre sobre et parlante, qui privilégie la suggestion. Tout en exprimant l’essentiel, Jean-Pierre Scnaider travaille en technique mixte, alternant peinture lisse et reliefs. Il utilise un monochrome de gris plus ou moins intenses pour recréer des ponts d’un trait souple, avec finesse, entre abstraction et figuration.

Par leurs démarches différentes, ces artistes affirment sans tapage la force de l’expression, de l’émotion. Sont également exposées quelques compositions de Pierre Buraglio et Philippe Cognee.

LPA 15 Fév. 2018, n° 133w4, p.15

Référence : LPA 15 Fév. 2018, n° 133w4, p.15

Plan
X