Don Quichotte à l’Opéra de Paris

Publié le 23/12/2021
Don Quichotte à l’Opéra de Paris
Julien Benhamou/OnP

C’est une soirée qui fait du bien. Une soirée à l’Opéra de Paris où le rêve, la danse, la musique vous emportent… vous emportent loin du tumulte de la crise sanitaire, loin de la crise qui a agité l’institution entre grèves et revendications sociales.

La salle est comble. Malgré le passe sanitaire, les amateurs en tout genre de ballets se pressent à Bastille. Plusieurs jours auparavant, des représentations ont dû être annulées : trop de cas positifs dans l’orchestre et le corps de ballet. Dorothée Gilbert, qui devait danser ce soir-là avec Hugo Marchand, a été remplacée. Elle souffre encore des séquelles du Covid et ne peut donner toute la mesure de son talent.

C’est donc Léonore Baulac et Germain Louvet qui jouent respectivement Kitri et Basilio ce soir-là. Mais c’est tout le corps de ballet qui est mis à l’honneur dans ce spectacle inspiré par la chorégraphie de Marius Petipa et remis au goût du jour par Rudolf Noureev en 1981.

Le danseur, chorégraphe, directeur de l’Opéra de Paris a toujours voulu redonner vie aux anciens ballets en les dépoussiérant, en donnant de beaux rôles aux danseurs masculins, et parfois en complexifiant les pas afin de favoriser le talent de ses danseurs. Le pari est réussi tant ce ballet est joyeux et permet à tous d’exprimer la part artistique qui est en eux.

L’histoire prête plus de la farce que du récit ou du conte. Don Quichotte voyage à travers l’Espagne où il rencontre d’étranges personnages.

Ainsi, Kitri et Basilio s’aiment ; mais le père de Kitri est contre cette union, il préférerait qu’elle épouse un riche paysan. Les amoureux usent donc de toutes les ruses – du spectacle de guignol au faux suicide – pour se retrouver. Grâce au Chevalier de la Mancha et à son fidèle Sancho Pança, les amoureux pourront toutefois sceller leur union…

Entre-temps, Don Quichotte aura rêvé et rencontré Cupidon, Dulcinée et la Reine des dryades, tout en se battant contre des moulins à vent. Tout un programme, où le public rit des malheurs de Don Quichotte, s’amuse des frasques de Sancho Pança, est émerveillé devant les prestations des amoureux, mais aussi des « gitans » ou des demoiselles d’honneur.

Un ballet où tous les artistes de l’Opéra de Paris peuvent se révéler dans des variations à couper le souffle, où fouettés à l’italienne, grands sauts et autres pas de danse sont poussés dans la plus pure tradition.

On regrettera que l’orchestre n’ait pu jouer en direct, car même si l’enregistrement sonore de la musique de Ludwig Minkus réalisé par l’Orchestre de l’Opéra national de Paris est excellent, nous avons pu remarquer quelques problèmes de mesures, un détail qui ne gâche en rien la soirée tellement les interprètes donnent tout à leurs personnages.

Léonore Baulac et Germain Louvet ont un charisme fou, d’une jeunesse et d’une fraîcheur incroyable, ils bondissent et leurs présences illuminent la soirée.

Un bonheur enfin retrouvé de pouvoir assister à un grand ballet, où les décors et les costumes chatoient. Un plaisir pour petits et grands à ne pas négliger. Dépêchez-vous, il reste encore des places pour les dernières représentations…

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