Le musée Cernushi nous attend

Publié le 07/04/2020 - mis à jour le 15/05/2020 à 14H49

Malgré le confinement, nous avons décidé de continuer à partager avec vous de belles expositions visitées avant le début du confinement. Ce sera d’autant plus l’occasion pour vous, chers lecteurs, d’aller les visiter une fois cette période compliquée derrière nous. En attendant, portez-vous bien !

La Rédaction

Musée Cernuschi

Après neuf mois de travaux, le musée Cernuschi, un hôtel particulier situé en lisière du parc Monceau, a rouvert ses portes le 4 mars dernier. Ce musée est consacré aux arts de l’Extrême-Orient : Chine, Japon, Corée et Vietnam. Il fut créé grâce au legs des collections du banquier et économiste Henri Cernuschi (1821-1896), à la Ville de Paris, en 1896.

Avec cette restauration, le musée a retrouvé les couleurs qu’il arborait à son ouverture, à la fin du XIXe siècle, et les collections sont présentées dans des espaces plus aérés, plus lumineux et mieux structurés. Les pièces conservées dans ce musée furent acquises par Henri Cernuschi lors de voyages qu’il entreprit entre 1871 et 1873.

Le réaménagement du musée a permis de créer une nouvelle mise en perspective des collections, qui sont axées principalement sur la Chine, de la préhistoire à la dynastie Song au XIIIe siècle. Elle ouvre néanmoins des fenêtres sur les autres régions de l’Asie extrême-orientale, car ces divers pays ont beaucoup de points communs culturels. Le musée laisse, d’autre part, une place à l’art contemporain, présentant ainsi un parcours chronologique jusqu’au XXIe siècle.

Ce sont environ 650 pièces qui sont présentées au public parmi les 15 000 conservées par le musée. Au premier étage, où la visite commence, l’espace évoque un temple oriental. Nous sommes accueillis par un tigre en bois laqué et doré, aux yeux incrustés de verre, datant des XVIIIe-XIXe siècles. Il est très impressionnant avec ses griffes et ses crocs. Il avait appartenu à Sarah Bernhardt. Dans des vitrines sont disposés des objets en bronze. Ces pièces reflètent le goût d’Henri Cernuschi, qui achetait suivant ses coups de cœur, mais il semble avoir souvent suivi les conseils du critique d’art, Théodore Duret, qui l’accompagna dans ses voyages…

La salle suivante est consacrée à l’art funéraire. Divers objets, comme des vases en terre cuite colorée, de la dynastie Han, 206 av. notre ère à 9 de notre ère, sont remarquables. On y voit des acrobates sur les bords. Il y a aussi des portes de chambre mortuaire en pierre, dont les sculptures représentent des animaux gardiens : phénix, tigres ou dragons.

Dans la troisième salle est disposée l’une des pièces majeure du musée, le bouddha Amida (Japon, époque Edo). Cette statue en bronze, mesurant 4,40 mètres, fut acquise par Henri Cernuschi en 1871.

Puis un escalier nous conduit à une mezzanine où sont présentées divers objets de l’art bouddhique.

Dans la galerie, le rouge, qui dominait dans les salles précédentes, est remplacé par le bleu. Là, sont réunies les porcelaines provenant de diverses périodes et pays. Elles nous indiquent les influences qu’il y eut entre la Chine et le Japon, comme ce pot à eau japonais (mizusashi), de la fin du XIIe siècle, en porcelaine blanche, décoré de motifs naturalistes et géométriques.

Dans le cadre de ses expositions temporaires, le musée prévoit, pour cet automne, une exposition d’estampes japonaises. Ces estampes représentent les 69 relais du Kisokaidô, parcours qui fut créé au cours de l’ère Tokugawa (1603-1868), reliant Edo, où résidait le shogun, à Kyoto, où résidait l’empereur.

Seront aussi présentées des séries d’estampes de Keisai Eisen (1790-1848), de Utagawa Hiroshige (1797-1858) et de Utagawa Kuniyoshi (1798-1861).

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Référence : LPA 07 Avr. 2020, n° 152x0, p.15

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