Les règlements des Tuileries et de ses jardins

Publié le 08/07/2024

Règlement des Tuileries et de ses jardins, manuscrit sur vergé filigrané, retranscrit en 1768, sous cartonnage en papier, proposé 60 000 €

Villa Browna

Cheminant dans les allées, entre les massifs de fleurs, il est malaisé de songer qu’il y a un bon nombre d’années, exactement depuis la seconde moitié du XIVe siècle, le sol était couvert de tuiles sorties de fours voisins. Le nom Tuileries sonne agréablement, malgré les vicissitudes vécues par le château du même nom. Le visiteur se demande parfois où diable se dressait ce palais qui abritait les rois de France ? On n’en voit plus guère de traces depuis que les Communards lui avaient mis le feu en mai 1871. Quelques tentatives ont été récemment lancées afin de le reconstruire. Ce n’était raisonnable. Depuis 1564, date à laquelle Marie de Médicis lança sa construction, la chronique a retenu de nombreux événements qui appartiennent à la petite histoire.

La librairie Villa Browna a découvert un extraordinaire document : Le Règlement des Tuileries et de ses jardins, un manuscrit sur vergé filigrané, par une même main, réunissant neuf écrits sous un cartonnage recouvert en papier orné sur le premier plat d’une vignette en maroquin (37x24cm). Ces derniers ont été retranscrits en 1768 au moment de la passation entre deux gouverneurs des Tuileries, Dominique Guillaume Le Bel (1696-1768), premier valet de chambre de Louis XV, en poste de 1766 à 1768 et son successeur Jean Louis Quentin de Richebourg, dit le marquis de Champcenetz (1723-1813) jusqu’en 1792. Ce volume est proposé 60 000 €.  « La précision des détails, dont certains éclairent la vie quotidienne et intime du domaine, rend cette lecture passionnante », précise Valentine del Moral de la librairie Villa Browna.

Ce Règlement des Tuileries est daté de mars 1747, année de prise de fonction de Louis-Dominique Bontemps (1738-1766). Celui concernant les « Entrées aux Jardins des Tuileries », consigné en 1768, énumère le personnel habilité ; il détaille ses restrictions et interdictions, donne vie, en un instant, aux allées et venues parfois pleines de surprise pour le lecteur d’aujourd’hui, du petit et du grand peuple des Tuileries. On apprend, par exemple, que Monsieur de Flainchamp avait fait mettre des pots de chambre dans les retranchemens des cabinets, pour les Dames aussi bien que dans la Garderobe du Roy, avec une chaise d’affaire à l’usage de Madame la Dauphine. Il était aussi « absolument défendu [aux portiers du jardin] de donner à souper à quelque personne que ce soit, et il leur était permis de donner à boire et à manger jusqu’à la fermeture de la Grille, du Pont et des Portes en observant de ne pas donner du gras les jours de vigile et de jeûne.

Le plus émouvant, parmi les passages de cette chronique, est l’ « Itinéraire de ce qui s’est passé à l’occasion de la mort de monseigneur le duc de Bourgogne (1761) ». Le descriptif des préparatifs, des dispositions et des épisodes de la translation du corps, du cœur et des entrailles du petit duc de Bourgogne, mort à neuf ans et demi des suites d’une chute qu’il tut pour ne pas faire gronder ceux qui l’entouraient.

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