L’ours

Publié le 15/11/2016

Statuette en grès figurant un petit ours assis, grotte d’Isturitz.

RMN-GP/MAN – F. Raux

En choisissant la thématique de l’ours, l’exposition en cours au musée d’archéologie nationale souligne la diversité et la particularité de cet art préhistorique, qui suscite aujourd’hui un réel intérêt et de l’admiration, tant pour la qualité du dessin que pour la part de mystère qui l’entoure encore. Des statuettes en os ou en bois de renne, des plaquettes de pierre gravée aux parois des grottes peintes, comme celles de la grotte Chauvet, les œuvres exposées sont un intéressant témoignage de la diversité et de la richesse de l’art préhistorique.

Les artistes du Paléolithique supérieur (entre -38 000 et -12 000 ans environ) s’exprimèrent de manière discrète sur de petits objets ou avec des pigments sur les parois des grottes pour réaliser de vastes scènes animalières. Les représentations qu’ils réalisèrent nous permettent de comprendre la complexité de la vie intellectuelle et/ou spirituelle de leurs contemporains. Cependant, les pensées et les croyances des chasseurs-cueilleurs de cette époque ne laissèrent que de fragiles traces. Elles nous sont encore inconnues malgré certaines analyses de préhistoriens.

Comme pour l’ensemble des animaux représentés, gravés ou peints, les figures animales, dans l’art du Paléolithique, ne sont pas réalistes. Elles sont fondées sur l’utilisation et l’exagération de certains critères anatomiques. Les ours sont ainsi reconnaissables grâce à des constantes de formes, des caractéristiques que nous découvrons en parcourant l’exposition, dont le but est que nous puissions nous interroger sur la place et le rôle symbolique de l’ours dans l’art préhistorique, sur sa codification et les mythes qui l’entourent.

L’ours était un redoutable prédateur en Europe jusqu’à la période médiévale. Il occupe une importante place au sein de toutes les périodes du Paléolithique supérieur, même si une majorité des figurations est attribuée au Magdalénien (de -18 000 à -12 000 ans) ; et sa place est singulière dans ces œuvres laissées par les hommes de la préhistoire. Les ours sont associés à d’autres animaux, voire aux hommes, mais ils sont le plus souvent figurés entre eux. Sur les parois peintes des grottes, il faut le plus souvent les chercher, être attentif pour les déchiffrer, tant ils sont discrets et dissimulés.

Centrée sur la période du Paléolithique, l’exposition aborde la place de l’ours dans ses diverses représentations d’un point de vue anatomique et historique, technique et symbolique. Elle explore particulièrement les différents modes de figuration ; et de façon originale, le parcours en vis-à-vis qui nous est proposé, présente les objets d’art mobilier et les œuvres pariétales, afin de nous permettre d’apprécier les similarités et les grandes divergences des expressions artistiques.

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Référence : LPA 15 Nov. 2016, n° 121f2, p.16

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