Questionner la nature et le vide

Publié le 17/11/2020 - mis à jour le 18/11/2020 à 9H52

La nature

Cet essai de Ralph Waldo Emerson (1803-1882) regroupe ses premières conférences où il définit la nature comme une entité qui englobe tout et que nous connaissons mal.

Ralph Waldo Emerson pensait que nous ne savons pas voir ni comprendre la nature.

Avec ses textes, ici regroupés, il posait les fondements du transcendantalisme, un système de pensée qui est une vision se démarquant de notre approche coutumière de la vie qui nous entoure.

Une nature qui serait uniquement à notre disposition et dont on pourrait user sans discernement.

Nous observons aujourd’hui les dégâts…

Celui qui aime la nature la regarde avec respect, la ressent en son être, avec tous ses sens.

Il s’en nourrit, fait des expériences qui lui permettront de comprendre que tout est interdépendant dans la nature.

Une forêt se renouvelle sans cesse, gardant ainsi sa jeunesse éternelle, comme un lac ou un océan.

Le livre comprend huit chapitres : « Nature », « Commodité », « Beauté », « Langage », « Discipline », « Idéalisme », « Esprit », « Perspectives ».

Des universitaires considèrent l’auteur comme un des premiers écrivains, avec Walt Whitman, à avoir développé un style littéraire qui exprime une vision américaine, pouvons-nous dire humaniste, à l’époque où l’industrialisation et la technicité prenaient leur essor.

Ralph Waldo Emerson propose une réflexion sur l’éthique environnementale et la responsabilité humaine.

Il souligne que nous devons être respectueux et bienveillant envers toutes formes de vie.

« Dans les bois aussi, écrit-il, un homme se débarrasse de ses années comme le serpent de son ancienne peau – et à quelque période de la vie qu’il soit, il est toujours un enfant. Dans les bois nous revenons à la raison… Là, je sens que rien ne peut m’arriver dans la vie, ni disgrâce, ni calamité ».

Actes Sud

Ce qui est, sans être tout à fait

L’idée de vide, dans la pensée occidentale, est, dit-on, ce qui reste après qu’on a tout enlevé.

Dans la pensée chinoise, « le vide est le lieu fonctionnel où s’opère la transformation », nous dit François Cheng dans son livre Vide et plein, le langage pictural chinois.

Mais Étienne Klein développe son propos en se référant à la pensée occidentale depuis les philosophes grecs (Démocrite, Parménide, Aristote…), puis il aborde les expériences de Galilée, Torricelli et Pascal et ensuite les recherches des physiciens de l’époque moderne dont l’idée de vide hante leurs réflexions.

Dès l’Antiquité, les débats furent intenses au sujet du néant, du non-être, du rien.

Pour les physiciens, le vide est devenu un lieu d’expérimentations, et son existence, celle au moins d’un certain vide, fut compris au milieu du XVIIe siècle.

Certaines théories en découlent, chacune proposant son explication.

Étienne Klein, physicien et philosophe des sciences, porte au grand public, depuis des années, les travaux et connaissances dans ces domaines.

Pour ce livre, il a mené une enquête à travers l’histoire des idées, interrogeant les découvertes de chacun.

En ce XXIe siècle qui débute, plusieurs sortes de vides cohabitent suivant les théories de la physique : de la substance subtile au vide quantique, un espace renfermant la source secrète de la matière, les ressorts intimes de la dynamique de l’univers…

Cette idée de vide, à la fois philosophique et scientifique, trouvera-t-elle un consensus ou restera-t-elle une énigme ?

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Référence : LPA 17 Nov. 2020, n° 153d7, p.23

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