Rébellion

Publié le 21/03/2019

Actes Sud

Qu’est-ce qu’un rebelle ?

La question est d’actualité…

C’est un individu qui refuse l’ordre établi.

« Les exaspérés sont ainsi, ils jaillissent un beau jour de la tête des peuples comme les fantômes sortent des murs » ; c’est le portrait que tente d’esquisser Éric Vuillard, dans son dernier opus paru aux éditions Actes Sud, La guerre des pauvres.

Après un prix Goncourt pour L’ordre du jour, qui racontait l’Anschluss et l’arrivée au pouvoir d’Hitler, Éric Vuillard raconte une autre guerre cette fois-ci, « la guerre des pauvres », à travers le soulèvement d’un homme, un « rebelle ».

En 13 petits chapitres, il dresse le portrait de celui qui, un jour, prit les armes, ou comment le soulèvement d’hommes ordinaires naquit à une époque bien différente de la nôtre. « Ce fut une succession de révoltes, mais pas seulement paysannes, urbaines aussi, ouvrières » (p. 46).

Éric Vuillard décide à partir de ces événements de mettre la focale sur un homme et un seul. Thomas Müntzer, ce jeune homme, théologien, qui a vu son père mourir alors qu’il n’avait que 11 ans !

Le soulèvement d’un homme ordinaire

Depuis quelque temps déjà, en Angleterre, mais aussi en Allemagne, dans le sud, la révolte gronde.

Des hommes prennent les armes pour déjouer le pouvoir en place. Cette insurrection gagne du terrain, ce sera bientôt la Suisse et l’Alsace…

Et le 17 mars 1525, Mulhouse se soulève. Les écrits de Thomas Müntzer n’y sont pas pour rien !

Cet homme, cet insurgé, est différent, « il a quelque chose de vif et de funeste, une haine attisée, le tour méchant, de la douceur aussi. Nietzsche s’inspirera de lui en secret, du jaillissement müntzerien, de son extravagance. Mais Müntzer est un homme d’action, ce qu’il écrit l’emporte » (p. 48).

Éric Vuillard est pris par le personnage, il s’enflamme avec lui et dans un souffle, raconte la révolte, les scènes de combats, la bataille de Frankenhausen, puis la fin tragique, forcément tragique…

Le bruit et la fureur règnent, c’est la guerre, celle des pauvres, ceux qui n’ont rien d’autre que l’espoir d’un jour meilleur, et c’est cette vie qu’il lui a semblé falloir raconter.

Thomas Müntzer a vécu, il méritait bien qu’on se souvienne de lui…

LPA 21 Mar. 2019, n° 143n4, p.16

Référence : LPA 21 Mar. 2019, n° 143n4, p.16

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