Zola aimait ses peintres

Publié le 06/07/2022 - mis à jour le 06/07/2022 à 11H02

Zola aimait ses peintres

Cet exemplaire avec un envoi à Edouard Manet, relié en demi-veau havane, a été adjugé 30 090 €

Pierre Bergé & Associés

Pour Émile Zola, Paul Cézanne était « son ami, son frère », ajoutant qu’ils avaient grandi dans « le même berceau ». Une belle image ! En réalité, ils avaient partagé, en 1852, le même banc à l’école d’Aix-en-Provence. Il serait sans doute rapide d’affirmer que Zola devint critique d’art grâce à Cézanne. Et pourtant… En 1866, le jeune peintre se lançait enfin en proposant, en 1866, au Salon des Beaux-Arts, deux toiles : Le Grog au vin et Ivresse. Le jury les refusa. Ainsi que celles de Guillemet, Sisley, Bazille et Renoir. Zola songea que : « Le jury, irrité de mon Salon, a mis à la porte tous ceux qui marchent dans la nouvelle voie ». Zola avait en effet publié sept critiques dans le journal L’Événement ; ces derniers furent réunis en volume sous le titre de Mon Salon, dédié : « À mon ami Paul Cézanne ». L’exemplaire relié en demi-veau havane, avec un envoi à Édouard Manet : « À Monsieur Édouard Manet, témoignage d’admiration et de sympathie », a été adjugé 30 090 € à Drouot, le 9 novembre 2016 par Pierre Bergé & Associés lors de la dispersion de la collection de Pierre Bergé.

À l’époque, Émile Zola avait publié deux ouvrages : Contes à Ninon, dont un exemplaire a été présenté à la vente le 19 mars 2021 par la maison Million et La Confession de Claude. C’est également à cette époque que le jeune écrivain quitta Hachette pour vivre de sa plume. Il se mit à fréquenter le Café Guerbois, zinc littéraire de Batignolles. Il y retrouva Manet, Bazille, Monet, Fantin-Latour, Renoir, Degas. « L’ambiance y est bon enfant, rafraîchissante, comparée à celle des cafés des grand boulevard », raconte Valentine del Moral dans Chez Zola. « Zola s’y sent bien et commence tout doucement à élaborer un embryon de théorie naturaliste, petite sœur littéraire des concepts esthétiques que Manet cherche à développer, en peinture », ajoute-t-elle. Intransigeant, le future auteur de L’Assommoir ne laissait rien passer. Face au nouveau refus du jury du Salon d’accepter ses amis peintres, Zola fourbit à nouveau ses armes et fustigea les responsables du Salon. Il réunit ces nouveaux articles dans un second recueil intitulé : Mes Haines. Causeries littéraires et artistiques. Curieusement, les sept exemplaires proposés à la vente à Drouot n’ont pas trouvé preneur. Il faut remonter au 16 décembre 2016 pour trouver un exemplaire vendu. Il a obtenu 2 256 € chez Pierre Bergé & Associés.

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