Un couple parfait

Publié le 29/11/2018

Mercure de France

Il y a d’abord une image : celle d’une famille américaine heureuse, célébrant les 80 ans du patriarche dans une jolie demeure de la Côte Est des États-Unis, dans le Maine. Le vieil homme est entouré des siens : épouse, enfants et petits-enfants.

C’est un homme charmant, très important au sein de la communauté de Clyde Bay. Fabriquant de bateaux, ce marin est reconnu pour la qualité de son travail.

Et puis il y a cette image d’un couple parfait ; celui qu’il forme avec Emily, son alter ego, sa chère et tendre depuis 43 ans.

Pourtant rien n’est moins vrai…

C’est ce que va nous démontrer Julie Cohen dans son quatrième roman – le premier traduit en français – Les Inséparables, publié au Mercure de France, dans la collection « Bibliothèque étrangère ».

Robbie aime Emily qui aime Robbie. L’équation est simple. Mais en déroulant le fil de leur histoire, nous allons découvrir tous les secrets et les non-dits que ces amants cachent et dissimulent à leurs proches.

Une histoire d’amour entourée d’un mystère : pourquoi ne sont-ils pas mariés ? Et si ce n’était que cela… Il y a aussi les obscures transactions qui leur ont permis d’adopter un enfant, qui lui-même ignore ses origines.

Robbie et Emily s’aiment à tel point qu’ils sont parvenus à faire l’impasse sur leur famille respective.

Elle a tout quitté pour lui : son pays, l’Angleterre, ses parents et sa petite sœur chérie. Lui a dû se résoudre a laissé son enfant à la garde exclusive de sa première femme.

Mais ils sont plus forts que toutes ces épreuves. Ils forment un tout – indestructible, peut-être – et lié par quelque chose d’incommensurable…

Julie Cohen nous entraîne dans cette histoire à rebours, nous démontrant que, ce qui est parfois important, ce n’est pas la fin mais bel et bien le commencement d’une histoire.

Nous remontons le temps en compagnie de ces amoureux : le récit s’ouvre sur les derniers jours du couple et s’achève sur leur première rencontre. Un procédé judicieux qui développe l’intérêt du lecteur…

De quoi nous donner envie de relire une deuxième fois le livre, en commençant cette fois-ci par la fin !

Le style est limpide, direct, et on ne peut qu’être en empathie avec les personnages. Un joli tour de force pour cette jeune auteur, à qui l’on souhaite une longue et heureuse carrière, et qui a réussi à nous prouver que certaines histoires d’amour peuvent finir bien.

LPA 29 Nov. 2018, n° 141a5, p.16

Référence : LPA 29 Nov. 2018, n° 141a5, p.16

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