Une Vienne gourmande

Publié le 09/08/2019

Les gâteaux fins de Rannou-Métivier.

Rannou Métivier

Autour d’un hôtel de charme – Les Orangeries – à Lussac les Châteaux, visite d’une maison de thé, la Compagnie Coloniale, et de Rannou-Métivier, à l’origine des célèbres macarons de Montmorillon.

Les Orangeries

En nous promenant dans la Vienne, nos pas nous ont conduit à l’établissement de charme Les Orangeries, un hôtel dans une gentilhommière maison de famille totalement restaurée avec goût.

Les bâtiments de la fin du XVIIIsiècle ont été restaurés par le propriétaire, lui-même architecte, dans une optique de construction durable, ce qui a valu au lieu d’être nommé premier hôtel labellisé Écolabel européen en 2006. Pour preuve de cet engagement, un patio bioclimatique avec récupération d’eau de pluie pour les sanitaires, une isolation au chanvre, une salle de réception avec cheminée récupératrice de chaleur, une charpente en cèdres de la tempête de 1999, un choix volontairement bio pour la table et écoresponsable via des producteurs régionaux, des vins naturels et des fromages de pays. Une approche gastronomique totalement locavore plébiscitée par le Michelin qui précise dans son guide rouge : « Voilà une adresse où le terme écolo-responsable a un réel sens ».

Excellent repas gastronomique à 3 plats à 37,50 € : cheesecake aux asperges accompagné de tartare de Saint-Jacques suivi d’un merlu et purée de panais pommes nouvelles et champignons sauce ponzu. Fin de repas sur une belle pavlova aux fruits rouges de saison.

Les Orangeries, 12 avenue du Docteur Dupont, 86320 Lussac-les-Châteaux – Tél. : 05 49 84 07 07

Thé Compagnie Coloniale

Attachée à l’excellence de ses produits, la plus ancienne marque de thés, Compagnie Coloniale, est basée à Dissay dans la Vienne. Entre une tasse de sencha et une autre d’oolong, visite de l’usine et entretien avec son propriétaire Vincent Balaÿ.

À trois quarts d’heure de Poitiers, le vrac de thés arrive d’Inde, du Sri Lanka, de Chine, d’Afrique du Sud, du Japon, du Laos… À cette usine d’assembler, d’aromatiser, de conditionner les précieuses feuilles.

Employant 150 hommes et 300 femmes, la première usine Compagnie Coloniale était située dans le XVIe arrondissement de Paris. Face à la vogue et mode montantes de boire du thé, elle se concentre sur ce négoce ; elle cherche, sélectionne les meilleures variétés de thé transportées à travers l’Europe. Si la marque possède un réel savoir-faire dans la création de recettes, des mélanges inédits qui lui sont propres, elle est surtout la référence sur le thé de Chine. Mais dans les années 1950, le thé de Chine ne suffit plus à satisfaire la consommation mondiale et Compagnie Coloniale se tourne vers d’autres pays : l’Inde, le Sri Lanka…

Responsable scientifique dans un labo pharmaceutico-cosmétique, Vincent Balaÿ, attaché à la région poitevine, se lance dans le rachat et la reprise en main de l’activité. En toute humilité, il dit aujourd’hui « gérer la transition pour les générations futures ».

L’entreprise possède un procédé unique de fabrication depuis plus de 100 ans ; l’aromatisation à la vapeur. Spécifique à la société, cette technique permet de figer les arômes sur les feuilles de thé en les plongeant quelques instants dans un bain de vapeur. Unique, ce savoir-faire se transmet de génération en génération viale personnel chargé de l’aromatisation et fait la fierté de la maison qui propose plus de 180 recettes dont un earl grey incomparable.

Compagnie Coloniale demeure la plus ancienne marque française où l’assemblage, l’aromatisation et le conditionnement demeurent à 100 % faits en France.

Compagnie Coloniale, 717 rue de la gare, 86130 Dissay – Tél. : 05 49 62 82 10

Les macarons de Montmorillon

La petite cité de la Vienne peut s’enorgueillir d’être la patrie d’un emblématique biscuit, le macaron, et de voir la maison Rannou-Métivier le fabriquer depuis 5 générations.

Pour les intellectuels, Montmorillon équivaut à la cité de l’écrit et des métiers du livre. Pour les gourmands, la ville est synonyme d’un petit gâteau rond aux amandes croustillant sur les bords et moelleux en son centre, le macaron…

Le macaron est un biscuit omniprésent en France : à Nancy, Saint-Jean-de-Luz, Saint-Émilion, Cormery, et Amiens… Celui de Montmorillon se rapproche de ces confrères-là, et même si la recette Rannou-Métivier ne sera pas dévoilée, elle se compose uniquement de blancs d’œuf, de sucre et d’amandes.

L’origine du macaron est obscure. Le terme « macaron » apparaît dans un écrit de Rabelais entre 1548 et 1552 ; mais a priori, il pourrait venir d’Italie en arrivant dans les malles de Catherine de Médicis venue épouser le futur roi Henri II.

À l’origine de la maison Rannou-Métivier, deux sœurs à la fin du XIXsiècle, Marie-Rose et Marie-Louise Chartier, héritent d’une longue tradition de fabricants de macarons dans la ville poitevine. Leur employée de maison et aide-pâtissière Marie Bugeaud poursuit la fabrication au décès des deux sœurs et épouse Auguste Métivier. Leur fille, Madeline, reprend l’affaire à son compte en 1920, aidée par son mari Fernand Rannou.

La maison Rannou-Métivier est donc créée en 1920 au 32 boulevard de Strasbourg, adresse principale de la boutique encore aujourd’hui. Les descendants continuent à fabriquer les petites boules d’amande : Yann et Lionel Bertrand, les fils de Patrick Bertrand, peuvent depuis 2009 voir leur maison être labellisée « Entreprise du Patrimoine Vivant ».

Chez Rannou-Métivier, on propose 3 macarons chaque mois dont l’inconditionnel « nature », présent toute l’année.

Ainsi, avril a été le mois de la saveur sésame/citron et confiture de lait/vanille. En mai, celui de rose/litchi et pistache/griotte. Juin, celui de kumquat/cannelle. Les parfums de juillet seront citron vert et fraise.

À Montmorillon, on n’achète pas des macarons pour soi ! La tradition est de les offrir sous n’importe quel prétexte. À consommer en dessert, avec le café, au goûter, le soir avant de se coucher…

Rannou-Métivier, 4 boutiques à Poitiers, 2 à Châtellerault, 1 à Tours et à Montmorillon – Site : www.rannou-metivier.com

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Référence : LPA 09 Août. 2019, n° 145r5, p.21

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