Essonne (91)

Le dispositif R-Mess, outil de lutte contre les violences intrafamiliales

Publié le 28/10/2020 - mis à jour le 01/12/2020 à 14H52

Depuis le mois de septembre, un nouveau dispositif a été mis en place dans les pharmacies et boulangeries de l’Essonne (91) pour lutter contre les violences intrafamiliales. Cette initiative de la gendarmerie de l’Essonne tend à diffuser le plus largement possible des conseils et des messages de prévention à destination des victimes et des témoins.

« R-Mess » pour « rayonnement par messages », est le nom donné à ce dispositif qui se déploie depuis deux ans dans certains départements français, dont l’Essonne (91) depuis le mois de septembre. Le principe est de permettre une diffusion la plus étendue possible de conseils et de messages de prévention émanant de la gendarmerie à l’attention de la population en les imprimant sur des supports du quotidien comme les fourreaux à baguette, les sachets de pharmacie, les sets de table dans les cantines d’entreprises ou de collectivités, etc.

R-Mess a reçu le prix de la prévention en 2019, puis a remporté une victoire des acteurs publics en 2020, remis par un jury constitué de la rédaction d’Acteurs publics ; il a pour but de récompenser les meilleures initiatives observées durant l’année dans la fonction publique. Les lauréats ont été dévoilés lors d’une cérémonie à la présidence de l’Assemblée nationale, le 5 février dernier.

Il a d’abord été testé dans les Vosges, dans une démarche d’amélioration des politiques publiques de sécurité avec la distribution d’emballages papiers dans les pharmacies et les boulangeries à destination des séniors. « Ne laissez pas entrer des inconnus chez vous. Vérifiez la qualité de toute personne se présentant à votre domicile » ou encore « Tranquilité seniors, aidez-nous à vous aider », peut-on par exemple lire sur certains sachets.

Le but, pour la gendarmerie, est de pouvoir compléter ses actions sur le terrain par une nouvelle forme de proximité, grâce à un outil de sensibilisation de masse qui ne passe pas par les réseaux sociaux. Interrogé par l’AFP, le colonel Brice Mangou avait alors expliqué : « Ce sont des messages simples qui ne vont pas être lus à la sortie du commerce mais au domicile, quand la baguette est posée sur la table par exemple ».

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Libérer la parole

En Essonne, le dispositif R-Mess transmettra des informations en partenariat avec 124 boulangeries et 84 pharmacies de la zone de gendarmerie du département. 150 000 sachets avec des informations utiles d’urgence ont pour le moment été pensés. Cette initiative a été mise en place par la gendarmerie mais aussi le conseil départemental.

On peut ainsi y lire qu’une relation est sereine lorsque votre conjoint ou votre conjointe « se réjouit de votre épanouissement ». Au contraire, dans le cas où il ou elle « contrôle vos sorties » ou « fouille vos textos », cela correspond à de la violence ; de même pour les situations où il ou elle « pète les plombs » ou « vous gifle, vous secoue, vous frappe ». Les sachets rappellent qu’il faut se protéger, que l’on peut demander de l’aide. Des numéros d’urgence comme le 17, le 112 et le 114 sont également inscrits ainsi que les adresses des sites de signalement développés par l’État, au niveau national ou départemental.

Le confinement avait vu apparaître de nouvelles formes d’aide aux victimes suite à l’augmentation rapide des chiffres des violences intrafamiliales, notamment via les pharmacies qui étaient devenues des « relais d’alerte » à la demande du gouvernement. Des dispositifs qui peuvent aider à libérer la parole, en-dehors du contexte du commissariat qui intimide encore beaucoup et dans lesquels le manque de formation est toujours décrié par nombre d’associations de défense des victimes.

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Référence : LPA 28 Oct. 2020, n° 157a5, p.7

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