L’égalité

Publié le 17/09/2020

On sait, depuis Tocqueville, que les Français ont la passion de l’égalité, ce qui est souvent présenté comme un défaut. Cette passion constituerait un frein à l’innovation, à l’esprit d’entreprise et serait source d’envie et de jalousie, consumerait en pure perte du temps et de l’énergie. En réalité, les Français n’aiment pas l’uniformité, ils aiment l’harmonie. Ils acceptent les différences mais sont attachés à un certain équilibre.

Cet attachement à l’égalité entraîne chez nos concitoyens une très grande aversion à l’égard de l’injustice et de la corruption. Notre administration doit traiter chaque demande dont elle est saisie selon les règles de droit et non en fonction des amitiés ou des préjugés des agents publics. Et il en va de même de notre justice. Certes, le développement de la médiation permet de résoudre les litiges d’une manière plus souple que la stricte application des règles mais elle repose sur l’accord des parties. Si celles-ci ne parviennent pas à un tel accord, c’est au juge qu’il appartient alors de trancher le litige en appliquant les règles de droit. Il lui incombe de le faire en première instance, mais aussi en appel et en cassation si des recours sont exercés.

Le Conseil d’État et la Cour de cassation ne sont pas dispensés par leur qualité de cours suprêmes administrative et judiciaire de veiller à la bonne application de ces règles car celles-ci les lient comme elles lient les autres juges, lorsqu’elles sont conformes aux droits fondamentaux. C’est en contrôlant la légalité des décisions qui leur sont soumises qu’elles utilisent l’interprétation des règles de droit sur toute l’étendue du territoire de la République et qu’elles veillent à l’égalité des citoyens devant la loi.

Les remarquables contributions qui composent la revue Justice & Cassation, toutes plus riches les unes que les autres, illustrent l’importance de cette notion.

Référence : LPA 17 Sep. 2020, n° 156d6, p.2

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