FLASH : Dans l’affaire Jean Pormanove, le parquet de Paris ouvre une enquête contre Kick

Publié le 26/08/2025 à 13h58

Le parquet de Paris vient d’annoncer ce mardi l’ouverture d’une enquête préliminaire visant la plateforme Kick qui hébergeait les vidéos du streamer Jean Pormanove, mort le 18 août 2025. 

FLASH : Dans l'affaire Jean Pormanove, le parquet de Paris ouvre une enquête contre Kick
©Instagram jeanpomanove

Cette enquête, ouverte le 25 août en concertation avec le parquet de Nice, se fonde sur l’article 323-3-2 du Code pénal qui réprime la fourniture de plateforme en ligne illicite avec la circonstance aggravante de faits commis en bande organisée. 

Elle s’appuie sur la compétence concurrente nationale du parquet de Paris en matière de cybercriminalité (article 706-72-1 du code de procédure pénale), et a pour objet de déterminer :

« – si la plateforme KICK fournissait, en connaissance de cause, des services illicites, notamment par la diffusion de vidéos d’atteintes volontaires à l’intégrité de la personne ;

– si la plateforme KICK satisfaisait aux obligations issues du règlement européen sur les services numériques (DSA), notamment l’obligation de signaler aux autorités les risques d’atteintes à la vie ou à la sécurité des personnes. »

Les peines encourues sont de 10 ans d’emprisonnement et 1 million d’euros d’amende. C’est l’office anti-cybercriminalité (OFAC) de la direction nationale de la police judiciaire (DNPJ) qui est saisi des investigations.

Cette enquête s’ajoute aux deux autres procédures en cours, diligentées par le parquet de Nice.

Une première enquête d’initiative a été ouverte le 16 décembre 2024 suite aux révélations la veille de Mediapart. Elle porte sur les chefs de :

  • Provocation publique par un moyen de communication au public par voie électronique à la haine ou à la violence à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes à raison de leur handicap ;
  • Violences volontaires en réunion sur personnes vulnérables ayant entraîné une ITT inférieure à 8 jours
  • Diffusion d’enregistrement d’images relatives à la commission d’infractions d’atteintes volontaires à l’intégrité de la personne prévues par les articles 222-1 et suivants du code pénal, sciemment enregistrées par quelque moyen et sur tout support que ce soit.

Cette procédure a donné lieu à une perquisition sur le lieu du tournage, la saisie du matériel et le placement en garde à vue des deux protagonistes susceptibles d’être mis en cause. Mais, précisait le parquet de Nice dans un communiqué du 20 août, « Dans le cadre de leurs auditions, ces deux personnes contestaient fermement être victimes de violences indiquant que les faits s’inscrivaient dans des mises en scène visant à « faire le buzz » pour gagner de l’argent. L’un surnommé Coudoux évoquait des montants pouvant atteindre 2000 euros par mois tandis que celui surnommé Jean Pormanove mentionnait des sommes à hauteur de 6000 euros. L’un et l’autre indiquaient n’avoir jamais été blessés, être totalement libres de leurs mouvements et de leurs décisions et refusaient d’être examinés par un médecin et un psychiatre. Le surnommé Jean Pormanove indiquait que son activité s’inscrivait dans le cadre d’une société qu’il avait créée. Il précisait ne pas avoir de liens financiers directs avec les autres protagonistes et être rémunéré uniquement via sa société sur la base des contrats établis avec les plateformes ». 

Les gardes à vue avaient été levées, tandis que les investigations se poursuivaient.

La deuxième enquête, ouverte après le décès du streamer, concerne la recherche des causes de la mort. Les premières conclusions des deux médecin-légistes ont été les suivantes :

  • Absence de lésions traumatiques pouvant expliquer le décès ;
  • Absence de lésions correspondant à des brûlures ;
  • Présence de quelques ecchymoses et lésions cicatrisées plus particulièrement sur les membres inférieurs.

Des analyses complémentaires, toxicologiques et anatomopathologiques, ont été ordonnées pour poursuivre la recherche des causes de la mort. Elles seront mises en lien avec les investigations en cours relatives au déroulement de la séquence live à laquelle participait Raphaël Graven, alias Jean Pormanove, précise le parquet de Nice.

 

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