FLASH : Le député LFI Aly Diouara condamné pour avoir diffamé son rival socialiste

Publié le 09/03/2026 à 15h54

La 17e chambre correctionnelle du tribunal de Paris a reconnu coupable de diffamation publique, ce lundi, le député de La France insoumise Aly Diouara. Candidat aux municipales à La Courneuve, il avait accusé son adversaire socialiste, Oumarou Doucouré, d’avoir distribué du poulet et de l’argent contre des votes, et impliqué sans preuve Stéphane Troussel, le président du conseil départemental.

FLASH : Le député LFI Aly Diouara condamné pour avoir diffamé son rival socialiste
Le député LFI Aly Diouara au centre, bras croisés, le 26 février dernier au tribunal de Paris (Photo : ©I. Horlans)

Examinée jeudi 26 février, « l’offre de preuves » du parlementaire LFI était apparue ténue. Devant la chambre des délits de presse, Aly Diouara avait cependant maintenu ses accusations contre le premier adjoint au maire de La Courneuve (Seine-Saint-Denis), Oumarou Doucouré, tête de liste PS, et son colistier Stéphane Troussel, président du Département. Selon lui, ainsi qu’il l’avait affirmé dans trois communiqués, « l’entourage » de ses rivaux, candidats comme lui aux élections municipales, avait distribué de l’argent et des colis alimentaires en échange de voix (notre article du 2 mars ici).

La gravité des faits imputés, des pratiques clientélistes sanctionnées par le Code électoral, avait incité MM. Doucouré et Troussel à assigner l’élu, par voie de citation directe, devant les juges parisiens. Lesquels ont retenu le caractère diffamatoire des propos de M. Diouara, « portant atteinte à l’honneur et à la considération » des deux élus socialistes.

Toutefois, simplement en raison « d’une qualification juridique erronée », les juges n’ont condamné Aly Diouara que pour les incriminations contre Oumarou Doucouré et l’ont relaxé s’agissant de Stéphane Troussel. Une amende de 500 € avec sursis a été infligée au candidat LFiste, qui devra en outre dédommager son compétiteur, et supprimer ses attaques de tous ses réseaux sociaux.

Amende de 500 € avec sursis et retrait des communiqués

Le tribunal a estimé que Aly Diouara n’avait pas rapporté pas « la preuve parfaite, complète et corrélative » des accusations qu’il avait portées le 23 février. Il a ainsi écarté « l’exception de vérité ». Sur « la bonne foi », il a rappelé qu’en « sa qualité d’acteur de premier plan du débat municipal », le député « était tenu de justifier ses accusations par des éléments factuels solides », la sincérité du scrutin de mars « ne devant pas être biaisée par des accusations portées à la légère ou non étayées ». Dans cette affaire, il disposait d’un témoin d’une remise de 30 €, de « témoignages indirects et publications non sourcées sur les réseaux sociaux », ce qui lui permettait « d’évoquer » une circulation d’argent lors d’un meeting. En revanche, « il ne présentait que des témoignages indirects ou anonymes » d’une remise de colis, n’ayant par conséquent aucune « base factuelle suffisante pour évoquer ces faits de manière aussi affirmative ».

M. Doucouré a indiqué reverser les 500 euros à une association caritative de La Courneuve. Avec son colistier Stéphane Troussel, il dit espérer que « M. Diouara respectera le droit » et mènera « une campagne respectueuse de ses adversaires et digne des habitants » de la ville où ils se présentent.

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