Hauts-de-Seine (92)

Nanterre a maintenant sa Maison des femmes !

Publié le 07/11/2022 - mis à jour le 07/11/2022 à 10H04
La Maison des Femmes
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Le 14 septembre 2022, la ville de Nanterre (92) inaugurait sa Maison des femmes. Le maire et conseiller départemental des Hauts-de-Seine, Patrick Jarry, se félicitait alors d’ « accélérer la lutte contre les violences faites aux femmes », grâce à ce nouveau lieu qui leur est dédié, « pour combattre les stéréotypes et toutes les inégalités qui sont le terreau sur lequel ces violences se développent ».

La création de la Maison des femmes de Nanterre répond à un besoin formulé lors d’un atelier citoyen organisé pendant la campagne des élections municipales de 2020. Celui-ci traitait des violences faites aux femmes. « Lors du mandat précédent, des associations spécialisées avaient déjà soumis cette proposition. Le fait que dans la société on en parle de plus en plus a permis d’arriver jusque dans cet atelier et que le maire entende cette parole, nous dit Laureen Genthon, en charge de la délégation dédiée aux droits des femmes. La mairie a décidé de prendre ce sujet de manière ambitieuse ».

En un an à peine, cette nouvelle maison est opérationnelle et devient la première des Hauts-de-Seine. « La ville dit qu’elle est aux côtés des femmes, dans un parcours de vie semé de contraintes, de violences. C’est prioritaire. L’ambition est aussi de faire prendre conscience aux villes alentour de cette urgence. Nous sommes dans un département riche donc nous comptons sur le fait que le département s’engage à son tour ».

Une Maison des femmes « unique » ?

Dans son communiqué de presse, la Maison s’annonce comme « unique » en Île-de-France. Il existe pourtant celle de Saint-Denis (93), connue et reconnue, créée en juillet 2016 par la Dr Ghada Hatem. « Elle est unique parce qu’on a pour la première fois une ville qui prend cette initiative, répond Laureen Genthon. Contrairement à celle de Saint-Denis, celle de Nanterre est une structure municipale, portée par la ville. Nous mettons à disposition un équipement de 400 m2 ainsi que deux agents municipaux pour la coordination et l’accueil. Quand on connaît les difficultés financières des associations, et le fait que l’État ne donne plus de dotation de fonctionnement pour cette année, c’est en ça qu’elle est unique… »

La Maison des femmes est installée sur le parvis de La Défense, dans un lieu de passage. Pas de construction neuve pour accélérer le processus : « Nous avions ce lieu qui cochait toutes les cases, aux portes du RER, facile d’accès, anonyme parce que dans un quartier d’affaires, lumineux, avec six bureaux et deux grandes salles polyvalentes. Ce lieu répond à plusieurs critères fixés et ça a été une grande chance de l’avoir » !

Une offre « holistique »

C’est après un premier temps de « rencontres bilatérales » qu’un « collectif de préfiguration » a été créé, rassemblant l’ensemble des partenaires associatifs et institutionnels du territoire.

L’offre ainsi développée se veut « holistique » précise l’adjointe, pour répondre aux femmes victimes de violence, mais pas seulement. La promotion de l’égalité femmes/hommes fait également partie de ses attributions, avec des initiatives culturelles, sportives et de débats. Cette offre va être « étoffée au fur et à mesure » avec l’ensemble des partenaires. « C’est une maison pour fédérer un réseau, solidifier un réseau de professionnels et permettre à des associations culturelles ou sportives d’intervenir ». Parmi les partenaires « résidents », qui tiennent des permanences, on retrouve, par exemple, l’Accueil aux femmes en difficulté (AFED 92), Avocats pour les Femmes Victimes de Violences (AFVV), l’Association Apple, l’École Française des Femmes, L’Escale, Femmes solidaires, le Planning familial ou encore Rêv’elles. Parmi les acteurs publics, le Centre d’accueil des soins hospitaliers de Nanterre (CASH) et l’hôpital Max Fourestier apporteront leur expertise en matière de santé des femmes.

L’accès au droit pour les femmes : enjeu fondamental

Un aspect important de cette maison est de pouvoir rendre l’accès aux droits plus facile pour les femmes avec notamment des conseils juridiques et administratifs. Le Centre d’information des femmes et des familles (CIDFF92) travaille avec la nouvelle Maison des femmes de Nanterre. Avec ce nouveau lieu, des femmes pourront peut-être plus facilement s’y rendre : « On est sur une maison des femmes qui va traiter de tous les sujets. Ce ne sera pas forcément sur les questions de violence. Les femmes pourront se dire qu’elles viennent pour discuter ou juste prendre un café. C’est un premier pas ».

En ce qui concerne le dépôt de plainte, la question s’est posée. « Nous sommes venus à la conclusion que nous ne souhaitions pas délocaliser des services qui existent déjà mais plutôt de renforcer notre partenariat avec le commissariat de Nanterre et l’Association départementale d’aide aux victimes d’infractions pénales (Adavip). Le but est d’améliorer et de fluidifier cet accès aux droits, tout en évitant de les sortir du droit commun ». L’adjointe reconnaît tout de même la nécessité d’avoir « encore plus de personnel formé au dépôt de plainte ». Elle suggère alors : « Pourquoi ne pas tenir des formations à la Maison des femmes pour le personnel policier ? Les dysfonctionnements dans les commissariats sont des sujets sur lesquels on veut avancer dans une relation de confiance »…

La lutte contre les violences faites aux femmes et les inégalités femmes/hommes ne peuvent plus être ignorées par les pouvoirs locaux. C’est en tout cas le positionnement de la ville de Nanterre. Mais, insiste Laureen Genthon, « c’est une question qui ne peut pas se traiter uniquement à l’échelle de la ville, ni à l’initiative des personnes privées. Nous souffrons d’un manque de moyens. Les associations féministes demandent 1 milliard d’euros pour éradiquer ce fléau. La réponse doit être collective. L’État, les régions, les départements doivent faire encore plus que les discours pour en terminer une bonne fois pour toute » !

La Maison des femmes, située sur la terrasse de l’Arche, est ouverte du mardi au vendredi et l’accueil y est « inconditionnel, anonyme et gratuit ».

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