Analyser les documents juridiques comme un professionnel du droit : le nouveau pari de Consult’IA

Publié le 21/09/2026
Analyser les documents juridiques comme un professionnel du droit : le nouveau pari de Consult’IA
Natacha Gonzalez

Un an après le lancement de Consult’IA, Lextenso enrichit son intelligence artificielle juridique d’une nouvelle fonctionnalité de synthèse et d’analyse de documents. Contrats, actes notariés, conclusions, documents sociaux… Consult’IA intervient désormais directement sur les documents qui constituent la matière première du travail des professionnels du droit. Emmanuelle Filiberti, directrice générale de Lextenso, revient sur cette évolution et sur l’ambition qui la sous-tend : faire de Consult’IA un véritable assistant juridique, capable d’accompagner les professionnels du droit dans leur réflexion, à partir de leurs questions comme de leurs propres documents. Entretien.

Actu-Juridique : Un an après le lancement de Consult’IA, quel bilan dressez-vous de son adoption par les professionnels du droit ?

Emmanuelle Filiberti : Consult’IA compte aujourd’hui plus de 5 000 utilisateurs, avocats, notaires et juristes d’entreprise. Mais ce qui nous paraît le plus intéressant, au-delà de ce chiffre, c’est la place que notre IA juridique a prise dans leur quotidien. Certains nous disent aujourd’hui qu’ils ne peuvent plus s’en passer !

Nous avons conçu Consult’IA comme un véritable partenaire de réflexion : une IA capable d’apporter une réponse structurée et sourcée, mais surtout d’aider le professionnel à aller plus loin dans son raisonnement. Toutes les IA permettent de gagner du temps — et c’est aussi le cas de Consult’IA — mais sa véritable valeur ajoutée est dans sa capacité à enrichir la réflexion juridique et à approfondir l’analyse.

C’est ce qui ressort très clairement des retours que nous recevons. Un avocat nous disait par exemple que, pour « pousser sa réflexion », c’était « vraiment exceptionnel ». Ces témoignages traduisent finalement ce que nous recherchions avec Consult’IA : faire gagner du temps aux professionnels, bien sûr, mais surtout leur permettre d’aller plus loin dans leur expertise.

Et ces usages nous ont aussi montré très vite quelle devait être l’étape suivante. Car, dans la pratique, le travail juridique commence rarement par une question formulée dans l’absolu. Il commence souvent par un document : des conclusions reçues de la partie adverse, un contrat à examiner, un acte, des statuts… C’est la lecture et l’analyse de ces documents qui font émerger les problématiques juridiques et appellent ensuite des recherches et des approfondissements.

Dès le lancement de Consult’IA, nos utilisateurs nous demandaient d’ailleurs s’ils pouvaient lui transmettre leurs propres documents pour les analyser et poursuivre leur réflexion à partir de cette matière. C’était une attente forte.

Faire entrer le document dans Consult’IA était donc la suite naturelle de notre démarche.

AJ : Qu’est-ce que cela change concrètement dans la manière de travailler avec Consult’IA ?

EF : Le point de départ peut désormais être le document lui-même, ou plusieurs documents d’un même dossier.

Consult’IA commence par identifier la nature du document et en produit une synthèse analytique adaptée, qui fait ressortir les informations essentielles, les éventuelles incohérences et les points de vigilance, notamment au regard de la position des parties.

Mais surtout, le travail ne s’arrête pas à la synthèse. Consult’IA poursuit l’analyse en confrontant les documents au droit applicable, en s’appuyant sur les fonds Lextenso et Légifrance, et identifie les problématiques juridiques qu’ils soulèvent. Le professionnel est ensuite guidé pour aller plus loin : il peut approfondir les points identifiés par Consult’IA ou poser ses propres questions, tout en gardant le fil de son questionnement.

Enfin, Consult’IA permet également de travailler sur plusieurs documents d’un même dossier ou sur différentes versions d’un même document, afin de les confronter et d’en faire ressortir les évolutions ou les divergences.

AJ : Comment les usages des professionnels du droit ont-ils guidé le développement de cette fonctionnalité ?

EF : Parce que les documents sur lesquels travaillent les professionnels du droit sont très différents, tout comme les informations qu’ils ont besoin d’y repérer. On n’analyse pas des conclusions d’avocat comme un acte notarié ou un contrat. C’est précisément pour cette raison que Consult’IA produit une synthèse analytique adaptée à la nature de chaque document. Et les usages qui en découlent varient eux aussi selon les métiers.

Pour un avocat, l’un des cas les plus parlants est celui des conclusions adverses. Les écritures peuvent être particulièrement longues et leur structuration varie beaucoup d’un confrère à l’autre. Consult’IA permet d’en dégager rapidement l’essentiel, mais aussi d’identifier les incohérences et les problématiques juridiques à approfondir : un gain de temps considérable dans la préparation de ses propres conclusions. En appel, ce travail peut porter conjointement sur les conclusions de première instance des deux parties et sur la décision rendue. Consult’IA va même plus loin : à partir des écritures, il peut générer une fiche de plaidoirie adaptée au temps d’intervention choisi par l’avocat.

Pour un notaire, Consult’IA peut faciliter la vérification d’un acte préparé par un jeune collaborateur de l’étude. Il permet également d’analyser des documents provenant de tiers, comme un compromis de vente rédigé par un professionnel de l’immobilier.

Pour une direction juridique, Consult’IA permet par exemple de réexaminer des contrats, clauses ou actes types élaborés plusieurs années auparavant, au regard du droit aujourd’hui applicable. Au quotidien, le juriste peut aussi lui soumettre un contrat particulièrement volumineux ou étudier les versions successives d’un projet contractuel.

Dans tous ces cas, le bénéfice est double : gagner un temps considérable dans le travail préparatoire, mais aussi gagner en précision et en profondeur d’analyse. Chaque professionnel peut ainsi consacrer davantage de temps à ce qui fait réellement la valeur de son expertise : la stratégie et la défense des intérêts du client pour l’avocat, le conseil et l’accompagnement pour le notaire, la maîtrise des risques, l’aide à la décision et l’accompagnement des opérationnels pour le juriste d’entreprise.

AJ : La confidentialité est un enjeu majeur pour les professionnels du droit, a fortiori lorsqu’ils déposent leurs propres documents. Quelles garanties leur apportez-vous ?

EF : Consult’IA s’appuie sur un hébergement sécurisé en France, dans un environnement SecNumCloud, le référentiel de sécurité de l’ANSSI qui impose un haut niveau d’exigence pour les services cloud. Les documents déposés ne sont pas conservés et les données ne sont pas utilisées pour entraîner les modèles d’intelligence artificielle.

Cette exigence de sécurité s’inscrit dans une approche plus globale de la confiance. Sur le fond, Consult’IA s’appuie sur la richesse des fonds Lextenso — revues, ouvrages, encyclopédies, formules, thèses — ainsi que sur les textes et la jurisprudence. Les sources mobilisées sont directement accessibles afin que le professionnel puisse vérifier l’analyse et poursuivre sa propre réflexion.

Être « créateur de confiance juridique », c’est l’ADN de Lextenso. Avec l’intelligence artificielle, cette exigence reste la même : garantir aux professionnels du droit des analyses fiables, fondées sur des sources directement accessibles, et la confidentialité des informations qu’ils nous confient.

AJ : Est-ce une nouvelle étape vers un véritable assistant juridique ?

EF : C’est cette trajectoire que nous poursuivons : construire un assistant juridique présent dans l’analyse des dossiers comme dans l’approfondissement de la réflexion, sur lequel les professionnels du droit peuvent s’appuyer au quotidien, sans jamais transiger sur ce qui fonde Lextenso : la confiance juridique.

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