Mort d’Élias : que dit exactement l’avis du collège de déontologie des magistrats judiciaires ?
Lors d’une interview diffusée le 2 juin sur BFM TV, la mère du jeune Élias, tué d’un coup de machette à Paris le 24 janvier 2025 à la sortie de son entraînement de football, déplore que les hauts magistrats parisiens aient refusé de lui permettre de rencontrer les juges des enfants en charge des deux suspects. Ceux-ci se réfèrent à un avis du collège de déontologie. Voici ce qu’il contient.

Daté du 2 avril dernier, l’avis invoqué par Peimane Ghaleh-Marzban, président du tribunal judiciaire de Paris et Jacques Boulard, Premier président de la Cour d’appel de Paris, pour refuser d’organiser une rencontre entre la famille d’Élias et les juges des enfants ayant suivi les deux mis en cause dans cette affaire, a été sollicité par les chefs de juridiction dans un courrier du 11 mars. Les intéressés posaient deux questions :
- les juges intervenus dans le suivi des mineurs accusés de l’agression d’Élias peuvent-ils rencontrer la famille de la victime ?
- si tel n’est pas le cas, est-il possible de les mettre en contact avce un autre juge spécialisé dans le traitement des mineurs ?
S’agissant de la première question, le Collège de déontologie répond que deux principes s’y opposent, d’abord le respect du secret professionnel et, ensuite, l’indépendance juridictionnelle qui interdit à un magistrat non saisi d’un dossier d’y intervenir de quelque manière que ce soit.
En revanche, le Collège estime possible d’organiser une rencontre avec un juge spécialisé, à condition que celui-ci ne s’entretienne pas avec les juges des enfants en charge des dossiers, ceux-ci n’ayant pas le droit de divulguer des éléments relatifs aux procédures dont ils ont la charge.
💬 "L'institution judiciaire se moque de moi"
➡️ La mère d'Elias, tué pour son portable en janvier 2025 à Paris, témoigne sur BFMTV pic.twitter.com/8lgzPDU0L7
— BFM (@BFMTV) June 2, 2026
Rappelons que le rapport de la mission d’évaluation réalisée suite à l’agression mortelle de l’adolescent, publié le 4 septembre 2025, révélait un nombre important de graves dysfonctionnements de l’institution judiciaire dans cette affaire et pointait notamment le fait que les parents de la victime avaient dû attendre début juillet, soit six mois après le décès de leur enfant, pour enfin rencontrer un juge, en l’espèce celui en charge de l’instruction. Le rapport précise que le parquet de Paris aurait dû les recevoir.
L’avis du 2 avril :
Référence : AJU505240