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Journée du droit : « C’est important de faire du lien et de rappeler aux enfants que leur quotidien est régi par le droit »

Publié le 26/10/2020 - mis à jour le 27/10/2020 à 12H50

Instituée par le Conseil national des barreaux et le ministère de l’Éducation nationale, la Journée du droit permet aux élèves de collège de faire, le temps d’une journée, un voyage dans le monde du droit et de déconstruire les idées préconçues sur le métier d’avocat. Charlotte Hubau, avocate au barreau de Versailles, revient sur cette expérience.

Me Charlotte Hubau, 29 ans, avocate au barreau de Versailles, participe depuis le début de l’opération aux Journée du droit. Cette année, elle a fait coup double en rencontrant les élèves de cinquième du collège Marcel Roby à Saint-Germain-en-Laye, le matin, et à ceux du collège Jean Perrin à Nanterre, l’après-midi. Elle répond à nos questions.

Multiracial pupils of primary school are ready to study after Covid-19 quarantine and lockdown. Children in class room with teacher wearing face masks and using antiseptic for coronavirus prevention.

LPA : Quand vous étiez collégienne, connaissiez-vous le métier d’avocat ?

Charlotte Hubau : Ce n’était pas un métier inconnu : ma mère était avocate ! J’ai fait des études de droit dans l’idée qu’il fallait rester dans une filière relativement générale mais le métier m’a plu par son aspect relationnel. J’exerce en droit du travail et en droit pénal, c’est dire combien c’est important. Je n’aurai pas pu faire du droit des affaires. Mais je dois tout de même reconnaître que même avec une mère avocate, je ne me figurais pas trop ce que ce métier engageait et ce qu’était le droit de façon plus générale.

LPA :  C’est pour cela que vous avez eu envie de participer à la Journée du droit ?

C.H. : Je trouve que de manière générale, ce sont des échanges riches que l’on a avec les jeunes. J’ai pas mal collaboré avec l’association Initiadroit. Je trouve qu’il est important de parler aux jeunes des problématiques juridiques car ils y sont confrontés tous les jours sans trop le savoir.

Dans le cadre de cette Journée du droit, le 6 octobre dernier, nous sommes intervenus sur le cyberharcèlement, l’égalité femmes-hommes, la liberté de circuler, de se vêtir comme on le désire… des problématiques très actuelles que les élèves appréhendent dans les médias. C’est important de faire le lien et de rappeler aux enfants que leur quotidien est régi par le droit.

LPA : Les élèves sont-ils intéressés ?

C.H. : Je suis attachée à la Journée du droit depuis son lancement, parce que j’ai été agréablement surprise de l’engagement des élèves. Les classes sont réactives, ils sont très intéressés, qu’ils vivent à Saint-Germain-en-Laye ou à Nanterre. La génération qui arrive se préoccupe de son activité sur les réseaux sociaux : comment on discute, ce que l’on a le droit de poster. On sent que cela les travaille mais il y a aussi d’autres sujets quotidiens : où s’arrête la liberté d’expression, pourquoi il y a un règlement intérieur, etc. Ils sont aussi très intéressés par la profession en elle-même et posent beaucoup de questions : comment peut-on défendre une personne coupable, combien on gagne, etc. Ces échanges permettent d’installer une dose de réalité dans leurs esprits qui sont très influencés par la fiction anglo-saxonne. On leur apprend qu’on ne porte pas de perruque, que le juge n’a pas forcément de marteau et que personne ne hurle « objection » comme dans les films.

LPA : L’un des objectifs de cette journée est aussi de valoriser le métier d’avocat, qui en 2020, représente une carrière rêvée par les parents, pour d’autres un objectif inatteignable… Comment abordez-vous ce sujet ?

C.H. : J’anime cette journée dans un collège avantagé, Marcel Roby, avec d’excellents résultats scolaires, une classe de cinquième qui prend des cours de russe, et dans un collège de Nanterre, Jean Perrin, qui l’est moins. Mais en réalité les différences ne sont pas flagrantes. Les élèves sont tous un peu impressionnés, font attention à bien se tenir, et sont très actifs pour poser des questions. Je rappelle systématiquement qu’en France, le métier d’avocat s’apprend sur les bancs de la fac, qui est accessible à tous et toutes…

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Référence : LPA 26 Oct. 2020, n° 157e7, p.6

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