Retraites : les évolutions à venir

Publié le 06/02/2026
Retraites : les évolutions à venir
Joe/AdobeStock

Gage de la stabilité gouvernementale, la suspension de la réforme des retraites de 2023 a été entérinée par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026. La loi procède par ailleurs à une refonte globale du dispositif de cumul emploi-retraite.

La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 a procédé à la suspension de la réforme des retraites (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026, JORF n° 0306 du 31 décembre 2025). Mais pas seulement. Elle a également procédé à des aménagements de certains dispositifs.

Une réforme suspendue jusqu’en 2028

Très contestée politiquement et socialement, la réforme des retraites adoptée en 2023 prévoit, comme mesure phare, le relèvement progressif de l’âge de départ à la retraite de 62 à 64 ans (loi n° 2023-270 du 14 avril 2023 de financement rectificative de la sécurité sociale pour 2023, JORF n° 0089 du 15 avril 2023). La stabilité du gouvernement Lecornu a eu temporairement raison de la réforme d’Élisabeth Borne, puisque sa suspension a permis d’éviter une motion de censure. Ainsi, la loi de financement pour la sécurité sociale de 2026 a entériné sa suspension jusqu’à janvier 2028.

Gel de l’âge légal de départ à la retraite

Pour mémoire, la réforme allongeait le calendrier d’évolution de l’âge légal de départ en retraite et des durées de cotisations. L’âge légal est donc gelé à 62 ans et 9 mois, plutôt que la trajectoire vers 64 ans. Ainsi la génération de 1964 peut donc partir à cet âge, plutôt qu’à 63 ans comme le prévoyait la réforme.

Après la suspension, le calendrier est le suivant (source : info-retraite.fr) :

  • les personnes nées de septembre à décembre 1961 : 62 ans et 3 mois, 169 trimestres requis pour un départ à taux plein ;
  • personnes nées en 1962 : 62 ans et 6 mois, 169 trimestres ;
  • personnes nées en 1963 : 62 ans et 9 mois, 170 trimestres ;
  • personnes nées en 1964 : 62 ans et 9 mois, 170 trimestres ;
  • personnes nées de janvier à mars 1965 : 62 ans et 9 mois, 170 trimestres ;
  • personnes nées d’avril à décembre 1965 : 63 ans, 171 trimestres ;
  • personnes nées en 1966 : 63 ans et 3 mois, 172 trimestres ;
  • personnes nées en 1967 : 63 ans et 6 mois, 172 trimestres ;
  • personnes nées en 1968 : 63 ans et 9 mois, 172 trimestres ;
  • personnes nées en 1969 et après : 64 ans, 172 trimestres.

Le cumul emploi-retraite considérablement limité pour les futurs retraités

La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 a modifié les conditions de cumul emploi-retraite pour les personnes qui partiront à la retraite à partir du 1er janvier 2027. Cette réforme ne concerne donc pas les retraités actuels.

À l’heure actuelle, il est possible de cumuler intégralement la pension de retraite et les revenus tirés d’une activité professionnelle sous conditions :

  • de partir de l’âge d’obtention de la retraite à taux plein (67 ans), ou dès que l’assuré a à la fois l’âge légal (de 62 à 64 ans selon l’année de naissance) et la durée d’assurance nécessaire pour obtenir une retraite au taux maximum ;
  • de liquider toutes les pensions (base, complémentaires en France et à l’étranger) ;
  • tous les liens professionnels avec les anciens employeurs sont rompus au moment de la liquidation.

Il n’y a pas de délai de carence en cas de reprise d’une activité salariée chez un nouvel employeur. En cas de reprise d’une activité salariée auprès du dernier employeur, un délai de 6 mois s’impose. La poursuite d’une activité professionnelle ouvre droit à une seconde retraite sous conditions.

Si les conditions pour bénéficier du cumul sans limites de ressources ne sont pas remplies, l’assuré peut prétendre à un cumul soumis à un plafond de revenus. Dans ce cas, le total mensuel des revenus et des pensions de retraite de base et complémentaires ne doit pas dépasser la moyenne mensuelle des revenus d’activité des 3 derniers mois civils précédant le départ à la retraite ou 1,6 fois le montant brut du smic, soit 2 916,85 euros en janvier 2026. C’est le plafond le plus favorable qui s’applique. À défaut, le montant de la pension de retraite est réduit du moment du dépassement.

Pour les assurés liquidant leur retraite à partir de 2027, les règles varient en fonction de leur âge.

  • Avant l’âge légal de 64 ans : le retraité ne pourra pas cumuler des revenus professionnels et sa pension de retraite puisque son revenu d’activité sera intégralement déduit de sa pension de retraite. Cette limitation vise à favoriser le dispositif de retraite progressive ou le report de la liquidation des droits au détriment des liquidations précoces. Les personnes partant à la retraite avant 64 ans ne pourront plus augmenter leurs revenus par le travail ;
  • entre 64 et 67 ans : le cumul emploi-retraite est autorisé partiellement. En pratique, la pension de retraite sera écrêtée de 50 % des revenus professionnels dépassant un certain seuil de revenus annuel, fixé par décret et qui pourrait être de 7 000 euros. Les périodes travaillées après le départ à la retraite ne créeront pas de nouveaux droits à pension ;
  • à partir de 67 ans : le cumul emploi-retraite intégral sera autorisé sans limite et donc sans pénalités. Les périodes travaillées après le départ à la retraite créeront de nouveaux droits. En outre, la loi supprime le délai de carence de six mois en cas de reprise d’activité chez le même employeur.

Deux mesures favorables pour les mères de famille

La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 contient deux mesures destinées à améliorer la retraite des mères de famille. La première vise à un meilleur calcul de la pension de base. Dès le 1er janvier 2026, le calcul du salaire annuel moyen qui détermine la retraite de base est amélioré pour les assurées mères de famille, tenant compte du nombre d’enfant. Pour une mère ayant un enfant, la moyenne s’effectue sur les 24 meilleures années, contre 25 actuellement. Pour une mère ayant deux enfants ou plus, la moyenne est calculée sur les 23 meilleures années. Cette adaptation doit augmenter le montant de la pension pour environ 50 % des femmes concernées, en tenant compte des périodes moins rémunératrices souvent liées à la parentalité (temps partiel, interruptions, etc.).

La seconde mesure favorable aux mères de famille consiste à faciliter le départ anticipé pour carrières longues. Elle concerne les femmes qui ont commencé à travailler tôt ou qui ont interrompu leur carrière pour élever leurs enfants. À partir du 1er septembre 2026, les majorations de trimestres liées à la naissance, l’adoption ou l’éducation d’un enfant pourront être comptabilisées jusqu’à deux trimestres pour ouvrir le droit à un départ anticipé.

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