Les politiques d’insertion sociale et professionnelle pilotées au plus près des territoires

Publié le 23/04/2021 - mis à jour le 23/04/2021 à 15H04
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La réforme de l’organisation des services déconcentrés de l’État est en cours de mise en œuvre. Une nouvelle étape a été franchie avec la création le 1er avril 2021 de la Direction départementale de l’emploi, du travail et des solidarités (DDETS) dans tous les départements métropolitains, en dehors de Paris et des collectivités de la petite couronne. Cette nouvelle direction déconcentrée, composée dans les Yvelines de 164 agents, va piloter les politiques d’insertion sociale et de l’emploi. Un transfert des compétences du niveau régional au niveau départemental avec plus de proximité dans la mise en œuvre de ces politiques publiques. Les explications avec Angélique Khaled, directrice départementale de l’emploi, du travail et des solidarités des Yvelines.

Actu-Juridique : Qu’est-ce que la direction départementale de l’emploi, du travail et des solidarités (DDETS) ?

Angélique Khaled : La DDETS a été créée le 1er avril 2021, dans les Yvelines. Cette nouvelle direction rassemble les équipes de l’ex-Direction départementale de la cohésion sociale (DDCS) des Yvelines et de l’unité départementale de la Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (Direccte) Île-de-France, qui s’occupait des entreprises, du travail et de l’emploi. L’enjeu de la création de la DDETS c’est de rassembler dans une même entité toutes les politiques publiques à destination de l’accompagnement et de l’hébergement social puis les politiques publiques de l’insertion professionnelle, du travail et des entreprises. Cela permet d’offrir un parcours global aux personnes vulnérables, en rassemblant lutte contre la pauvreté et les insertions professionnelles et sociales et ainsi de travailler de manière beaucoup plus coordonnée au niveau de l’État local sur les politiques d’insertion.

AJ : Existe-t-il un transfert de compétences du niveau régional au niveau départemental entre la Direccte à la DDETS ?

A. K. : Effectivement la Direccte Île-de-France n’aura plus le même rôle par rapport au département des Yvelines. Avant, les politiques de l’insertion professionnelle, du travail et des entreprises étaient gérées à l’échelon de la région. Maintenant, elles le seront au niveau départemental, hormis l’inspection du travail, qui garde sa spécificité. La direction régionale a, maintenant, davantage un rôle d’animation régionale. Mais les politiques vont être pilotées au plus près du territoire, sous l’autorité du préfet. Le rassemblement des équipes de l’ex DDCS et l’ancienne unité départementale de la Direccte et la descente des politiques économiques au niveau départemental vont permettre aussi de proposer des réponses beaucoup plus adaptées au territoire yvelinois.

AJ : Comment cette réorganisation s’est-elle mise en œuvre ?

A. K. : Nous avons une relation clairement renouvelée avec les acteurs économiques du territoire, avec les collectivités et avec les opérateurs. Ce changement va nous permettre d’animer les politiques concernées d’une façon beaucoup plus intégrée. On a un certain nombre d’opérateurs qui ont à la fois de l’activité d’insertion par l’économie et de l’activité d’hébergement. Dorénavant, ces acteurs-là auront un seul et unique interlocuteur de l’État pour coordonner leurs actions. La DDETS est donc composée de 160 agents, qui ont des origines ministérielles différentes. On a des fonctionnaires du ministère du travail, de l’intérieur, de l’écologie et des affaires sociales.

AJ : Cette modification de l’organisation de l’État a-t-elle été accélérée du fait de la crise sanitaire ?

A. K. : Cette réforme a été pensée dans le cadre du rapport Action publique 2022, avant la crise sanitaire. Mais, la crise sanitaire rend encore plus pertinente cette réforme puisque c’est beaucoup plus simple et efficace de rassembler la lutte contre la pauvreté et l’insertion professionnelle. On sait que les réponses à la crise vont passer par une remise à l’emploi et la proposition de plusieurs solutions pour les jeunes. C’est le cas du plan « 1 jeune, 1 solution » dans le cadre du plan de relance. On pilote ce plan avec le préfet délégué à l’égalité des chances mais c’est la DDETS qui travaille avec lui sur ce plan.

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